Jean-Pierre Mercier : “Il faut des élus communistes révolutionnaires”18/02/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/02/P4-5_2026_02_14_Meet_Municipales_21_JPM_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C30%2C800%2C481_crop_detail.jpg

Municipales 2026

Jean-Pierre Mercier : “Il faut des élus communistes révolutionnaires”

Illustration - “Il faut des élus communistes révolutionnaires”

Même à l’échelle d’une municipalité, un candidat qui prétend qu’une fois élu, il va changer la vie des habitants des quartiers populaires, est un menteur. Ceux qui font ces discours savent que les problèmes de la vie quotidienne du monde du travail ne peuvent pas se résoudre à l’échelle d’une commune. Même sur des sujets dits « locaux », leur marge de manœuvre est infime. Parce qu’il faut des moyens, et les communes n’en ont plus car l’État resserre les cordons de la bourse des dotations et des subventions.

L’État bourgeois réserve son argent à d’autres buts. Il le réserve à tenter de boucher le déficit abyssal qu’il a lui-même créé ; il le réserve pour donner 270 milliards d’euros par an aux capitalistes ; il le réserve pour faire exploser le budget militaire et préparer la guerre !

Demain, il y aura moins de crèches, moins de transports, moins de services de santé accessibles, moins de profs et moins d’instituteurs, pour qu’il y ait plus de Rafale, plus de chars, plus de bombes, plus de munitions !

Une politique et ses conséquences locales

Voilà la logique du système capitaliste, voilà ce qu’il faut dénoncer, plutôt que de faire des promesses qui ne seront jamais tenues ! Il est absurde et vain de tenter de séparer « le local » du « national ». Parce que c’est bien l’État qui finance les communes et que ces financements se réduisent comme peau de chagrin. Mais aussi parce que tous les problèmes de la société capitaliste, de l’État capitaliste, rejaillissent tôt ou tard à l’échelle locale.

En disant cela, je ne veux pas dire qu’avoir des élus communistes et révolutionnaires dans une commune ne sert à rien. Nous ne nous présentons pas seulement pour défendre des idées. Nous souhaitons avoir des élus et là où nous en aurons, nous aurons l’occasion de montrer comment peuvent agir des élus communistes révolutionnaires dans une municipalité. Nous espérons bien avoir des élus partout où cela sera possible parce qu’avoir des travailleurs communistes dans un conseil municipal peut être un point d’appui et une aide utile pour les travailleurs d’une commune.

Cela permet parfois d’avoir accès à des informations et donc de pouvoir les rendre publiques. Cela permet de relayer, au conseil municipal, les engagements et les luttes des travailleurs, des chômeurs, des habitants des quartiers populaires.

Rien ne remplacera la mobilisation

Je peux prendre l’exemple de Poissy, dans les Yvelines, où je suis candidat. Cette commune abrite l’usine Stellantis où je travaille avec plus de 2 000 travailleurs, que le groupe a décidé de liquider. Cette fermeture a comme seul objectif de protéger les dividendes des actionnaires, des Peugeot et des Agnelli. Elle fait aussi le bonheur des politiciens locaux, à commencer par le député macroniste Karl Olive, l’ancien maire de la commune, qui se vante d’avoir mis en relation la direction de Stellantis et celle du PSG, pour que le Qatar puisse acheter à prix d’or les terrains de l’usine afin que le PSG installe son futur stade et ses centres commerciaux. Qu’un militant ouvrier de Stellantis soit demain élu conseiller municipal serait la certitude que toutes ces manœuvres – ou du moins celles dont nous serions témoins – seraient publiquement dénoncées.

Alors bien sûr, rien ne remplacera la mobilisation des travailleurs et sans une telle mobilisation, avoir ou pas des élus au conseil municipal de Poissy ne changera strictement rien. Mais à l’inverse, si des luttes éclatent, des élus pourront jouer ce rôle de porte-voix et de relais des travailleurs, et cela ne pourra qu’être positif.

Nous sommes communistes, et cela signifie d’abord dire la vérité aux travailleurs, les éclairer sur la situation, leur enseigner, comme disait le militant ouvrier Fernand Pelloutier au 19e siècle, « la science de leur malheur ».

Qu’importe si, avec ce qu’est l’état d’esprit de la classe ouvrière aujourd’hui, dire la vérité conduit à ne recueillir que de faibles scores électoraux. Nous ne sommes pas électoralistes. Ce sont ceux qui voteront pour nous, quel que soit leur nombre, qui auront raison, parce que leur vote signifiera qu’ils ont les yeux bien ouverts sur la réalité de leur condition de travailleurs, et ne se font pas embobiner par le baratin de leurs ennemis.

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