Lisi Automotive – Pontoise : les combines de la direction ne passent pas15/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3011-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-04-15

Dans les entreprises

Lisi Automotive – Pontoise : les combines de la direction ne passent pas

À l’usine LISI Automotive, située à Puiseux-Pontoise, dans le Val-d’Oise, et dont la fermeture a été annoncée en janvier, la direction tente en plus de rogner sur la prime de continuité. Le prétexte est un retard de la production dû, en réalité, à un problème de livraison.

Les travailleurs, qui fabriquent des fixations en plastique et en métal, notamment les renforts et caches de portes pour Renault, Stellantis et Mercedes, savent que le stock ne manque pas. Et pour cause : en décembre, la direction leur avait fait annuler une partie des vacances, en prétextant des commandes urgentes, avant d’annoncer, trois semaines plus tard, la fermeture du site. Aujourd’hui, pour la direction, ces pièces stockées doivent servir lors du déménagement des machines prévu en été et en octobre. Non contente de licencier 135 travailleurs, elle voudrait que son business ne s’interrompe jamais et que cela ne lui coûte rien.

C’était compter sans la réaction des travailleurs qui, après une première semaine de grève en janvier, ont à nouveau arrêté le travail fin mars pour faire payer ce patron licencieur. Celui-ci a alors dû promettre de porter l’indemnité supra-légale de 300 à 1 800 euros brut par année d’ancienneté. Bien que de l’avis général, cette proposition soit insuffisante, alors que les prix des carburants commençaient à flamber, beaucoup de grévistes ont préféré reprendre le travail face à la menace de la direction de retirer sa proposition. Le chantage a été relayé par des représentants syndicaux pour lesquels la messe était dite.

Pourtant, rien n’est moins sûr. C’est d’ailleurs la direction qui alimente la colère, avec ses combines autour de la prime et des stocks, mais aussi avec ses fausses propositions de reclassements dans la division aérospatiale du groupe, des usines situées à Troyes, Bordeaux ou Toulouse et où les salaires sont plus bas !

En effet, le groupe LISI, entreprise récemment entrée en Bourse et qui profite de la marche à la guerre, a réalisé 1,7 milliard de chiffre d’affaires en 2025 et un bénéfice record de 140 millions d’euros. Loin d’être sur la paille, le groupe veut maintenir ses marges face aux constructeurs automobiles qui, eux, veulent en faire autant. Les travailleurs de Puiseux-Pontoise se mobilisent car ils refusent de laisser leur peau dans cette guerre entre capitalistes de l’automobile.

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