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Leur société
Loi Yadan : silence dans les rangs !
Au dernier moment, le projet de loi Yadan « contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », qui devait être débattu à l’Assemblée nationale le 16 avril, a été retiré par crainte qu’il ne soit rejeté.
Mais dès le lendemain, la ministre Aurore Bergé annonçait qu’un nouveau texte de loi sur le sujet serait déposé avant l’été.
La loi Yadan, du nom de la députée qui l’a présentée, visait à assimiler toute critique de la politique israélienne à de l’antisémitisme. Ces critiques auraient alors été criminalisées car comparées à des appels « indirects » à la destruction ou à la négation de l’État d’Israël.
Les slogans de manifestants tels que « Libérez la Palestine ! » auraient pu être concernés. Cette loi aurait non seulement aggravé les sanctions pour apologie d’actes considérés officiellement comme terroristes, tels que les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, mais aurait puni leur « banalisation outrancière » et leur « provocation même implicite », autant de termes flous laissant ouvertes de nombreuses interprétations.
Cette loi scandaleuse reviendrait à interdire de critiquer la politique de l’État d’Israël, au moment même où son armée extermine la population de Gaza et bombarde la population civile du Liban dont il d’envahit le sud. Et cela sans parler des crimes des colons israéliens envers les Palestiniens de Cisjordanie. Le projet de loi a soulevé un tollé et la pétition contre celui-ci a recueilli plus de 700 000 signatures. Une partie des députés ayant annoncé qu’ils ne le voteraient pas, le groupe macroniste à l’Assemblée a jugé préférable de le retirer pour le moment, mais le gouvernement dit ne pas y avoir renoncé.
La répression contre ceux qui dénoncent les crimes de l’État israélien et le génocide à Gaza n’a pas attendu cette loi. Des militants ont déjà été condamnés à ce sujet. Dernière en date, la présidente de l’association EuroPalestine, Olivia Zemor, vient d’être condamnée à 24 mois de prison avec sursis pour des articles publiés juste après le 7 octobre 2023, dans lesquels elle dénonçait l’occupation israélienne à Gaza. Mais la loi Yadan aurait encore offert d’autres armes juridiques pour étendre cette répression. Le gouvernement et les tenants de la loi Yadan ne veulent pas seulement faire taire ceux qui critiquent la politique des dirigeants israéliens. Ils veulent aussi faire oublier leur propre complicité et celle des dirigeants de l’impérialisme français dans le massacre des Palestiniens.