Marielle Saulnier : “des révoltes, il y en aura”18/02/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/02/P4-5_2026_02_14_Meet_Municipales_19_Marielle_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C800%2C450_crop_detail.jpg

Municipales 2026

Marielle Saulnier : “des révoltes, il y en aura”

Illustration - “des révoltes, il y en aura”

L’hôpital où je travaille, la Pitié-Salpêtrière, est une vraie petite ville dans la ville. Nous sommes près de 10 000 salariés. Nous nous complétons tous pour en assurer le bon fonctionnement.

Comme à l’échelle de la société, le décalage entre les possibilités techniques et les moyens pour les mettre au service de tous est révoltant. À l’hôpital, il y a une technologie et une médecine de pointe avec des médicaments innovants, des robots d’aide à la chirurgie mais il y a en même temps un manque chronique de moyens. Tous les jours, nous courons après un appareil à mesurer la glycémie d’un patient diabétique ou un tensiomètre qui fonctionne.

Nous sommes surtout épuisés par la charge de travail, la diminution des effectifs, les plannings qui changent tout le temps, les demandes de faire des nuits ou des week-ends en plus. Alors soyons sûrs que nous n’avons rien à attendre d’un directeur d’hôpital, d’une ministre de la Santé, d’une maire de Paris, tout comme d’un président de la République !

Nous ne pourrons compter que sur nous-même et notre capacité à nous regrouper, à dépasser ce qui semble nous diviser, à comprendre que nous avons les mêmes intérêts à défendre. Nous savons tous, dans nos secteurs et nos métiers, ce dont nous avons besoin pour travailler dans de bonnes conditions, combien de matériel, quels locaux, combien de personnel. Alors nous serions les mieux placés pour gérer, et surtout pour décider !

Se loger, mais où ?

La gauche, qui se vante de son bilan après 24 années à la tête de la ville, prétend qu’il fait bon vivre à Paris. Mais « bon vivre », pour qui ? La ville a besoin de travailleurs pour la faire tourner, mais il est bien difficile de s’y loger !

Mes collègues habitent de plus en plus loin, en Seine-et-Marne quand ce n’est pas carrément en province, par exemple à Orléans parce que les trains arrivent à la gare d’Austerlitz, proche de l’hôpital. À Paris, les loyers ont augmenté de 40 % en moyenne en 20 ans ! Le site de Loc’annonces, qui propose les logements sociaux de la Ville de Paris et de ses partenaires, disposait jeudi 5 février, de 14 logements, allant d’un studio « spécial jeune » de 23 m² à 651 euros par mois à un sept pièces de 138 m² à 2 397 euros par mois. C’est dire à quel point il n’y a rien ! Car les capitalistes construisent plus d’immeubles de luxe et aussi de bureaux, qui restent souvent vides, que de logements pour les classes populaires, tout cela avec la complicité de l’État et des gouvernements.

La solution viendra d’en bas, pour que toutes ces richesses, produites par le travail de tous, servent à la collectivité.

La solution viendra d’en bas

Nous sommes des centaines de milliers, peut-être des millions de travailleurs, de toutes origines, de tous âges, à faire tourner la ville, ses bureaux, ses hôpitaux, ses écoles, son nettoyage… Rien que La Défense, c’est 150 000 salariés. Et il n’y a pas que les grandes entreprises, il y a la myriade de commerces de proximité, de cafés, de restaurants avec leurs employés payés au lance-pierre, plus ou moins déclarés et plus ou moins sans-papiers.

Comme vous le savez, Paris a été le théâtre de la Révolution française, de la Commune de 1871, de mai 68… Eh bien, des révoltes, il y en aura d’autres !

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