Marins abandonnés : licenciements en pleine mer28/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_3000-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Marins abandonnés : licenciements en pleine mer

Selon la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), 410 navires et 6 223 marins ont été abandonnés en 2025 par leurs armateurs, deux fois plus qu’en 2024.

Il s’agit le plus souvent de navires anciens, en mauvais état, battant pavillon de complaisance et en changeant souvent, comme ils changent de propriétaire. À un moment donné, le navire devient trop vieux pour naviguer, la cargaison invendable ou de valeur trop faible, les arriérés de salaire trop importants, les amendes accumulées et non payées trop nombreuses, les interdictions de port trop fréquentes. L’armateur décide donc de fermer l’entreprise.

Le navire, à quai dans une zone franche quelconque, au mouillage ou même en pleine mer, est alors laissé sans destination, ne reçoit plus ni ordre, ni message, ni vivres, les marins n’ont plus de salaires et plus personne vers qui se tourner. Ils doivent soit attendre sur le bateau, en vivant de la charité publique, et espérer qu’on leur verse leurs salaires et le moyen d’être rapatriés, soit regagner à leurs frais leur pays d’origine, soit trouver un nouvel embarquement et, dans ces deux derniers cas, perdre des mois de paye.

L’abandon de navire est évidemment illégal. Le versement du salaire et le rapatriement des équipages sont obligatoires selon les conventions en vigueur. Mais, manifestement, les lois internationales ne protègent pas plus les travailleurs de la mer que les lois nationales ne protègent leurs frères sur la terre ferme : fermer une usine ou abandonner un cargo, c’est tout un.

L’État indien, dont sont originaires un tiers de ces marins abandonnés, leur demande de mieux choisir, à l’avenir, leur embarquement. Judicieux conseil adressé à qui n’a pas le choix car son salaire est vital pour une famille, voire un village !

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