- Accueil
- Lutte ouvrière n°3027
- Medef : l’audition des candidats pour 2027
Leur société
Medef : l’audition des candidats pour 2027
Le Medef tiendra sa traditionnelle université d’été sur le court central de Roland-Garros les 26 et 27 août. Chaque année, cet événement offre une occasion au gratin du grand patronat de se rencontrer, de discuter affaires.

Afin de donner un vernis culturel à certains débats, des sociologues et des historiens y sont conviés. Mais on comprend bien que lorsque le syndicat patronal parle de « remettre au centre une exigence simple : le courage » ou « d’assumer des efforts », son objectif n’est pas de rester dans la sphère de la philosophie abstraite. Il s’agit d’imposer de nouveaux « efforts » aux travailleurs, d’imposer de nouveaux reculs, de diminuer encore et toujours les impôts sur les bénéfices.
Des responsables politiques et des ministres sont donc conviés à écouter, voire à discuter, les revendications du Medef. Ont bien sûr été invités l’actuel ministre de l’Économie, Roland Lescure, et l’un des ses prédécesseurs, Bruno Le Maire, dont les bilans montrent qu’ils n’ont pas grand-chose à refuser au Medef. Le dirigeant du PCF, Fabien Roussel, a lui aussi été invité, histoire de montrer que le grand patronat est capable d’une certaine ouverture d’esprit, sans que cela change quoi que ce soit à ses exigences.
Le Général Mandon, chef d’état-major, connu pour avoir appelé, il y a quelques mois, les mères à être prêtes à sacrifier leurs enfants pour le pays, viendra débattre du « retour de la guerre » avec le PDG de Dassault, qui, lui, y voit d’abord un très bon retour sur investissement grâce à la vente des Rafale.
Le clou du spectacle viendra à la toute fin du grand rassemblement patronal, occasion d’une rencontre présentée comme « le premier grand débat de la présidentielle ». L’objectif déclaré des dirigeants du Medef est d’informer de leurs exigences ceux qui postulent à la direction du pays. Qui veut servir les intérêts de la bourgeoisie doit s’inscrire dans ce parcours imposé, et les medias se sont fait l’écho récemment de repas organisés discrètement, s’apparentant à des entretiens d’embauche, au cours desquels Le Pen et Mélenchon notamment, ont rencontré des PDG du CAC 40.
Au programme du débat organisé le 27 août figureront des candidats déclarés comme Marine Le Pen, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon. Alors qu’il n’est pourtant toujours pas officiellement candidat, Raphaël Glucksmann a reçu lui aussi une invitation.
Sans regret, Nathalie Arthaud, pourtant candidate déclarée pour Lutte ouvrière depuis décembre 2025, n’a pas été invitée. Il faut croire que le Medef a jugé qu’il fallait s’être montré sensible à ses valeurs pour venir écouter ses exigences. Et comme l’a commenté notre camarade : « C’est vrai qu’entendre parler d’expropriation des grands groupes capitalistes aurait pu gâcher l’ambiance…»