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La Fête de Lutte Ouvrière
Nathalie Arthaud, le 25 mai : “il faut une internationale révolutionnaire”

Les pays riches [...] nous font rentrer dans une nouvelle ère, l’ère de la troisième guerre mondiale, où les dépenses mondiales en armement se chiffrent à 3 000 milliards de dollars par an, où les ingénieurs planchent sur des robots tueurs, où les trusts pétroliers et financiers annoncent leurs superprofits et sablent le champagne sur des montagnes de cadavres !
[…] Mais qu’avons-nous à gagner, nous, travailleurs, à nous entretuer ou à voir nos enfants se battre pour le contrôle d’un détroit, d’un oléoduc ou d’un marché stratégique ? De la part des principaux belligérants, ces guerres sont des guerres d’esclavagistes pour le maintien et le renforcement de l’esclavage salarié. Alors, ces guerres ne sont pas les nôtres. La seule guerre qu’il nous faut mener est celle des travailleurs et des exploités contre la classe capitaliste. C’est la seule guerre qui mettra hors d’état de nuire la bande d’exploiteurs et de va-t-en- guerre qui dirige le monde !
[...] La révolution internationale est la seule perspective pour en finir avec les guerres ! Dans toutes ces guerres, les travailleurs n’ont jamais à se ranger derrière leur État bourgeois. Ils doivent conserver leur indépendance politique et viser à renforcer leur propre camp, le camp des travailleurs du monde entier. Parce que c’est entre les riches et les pauvres, entre les exploités et les exploiteurs, que passent les véritables frontières.
Partout les travailleurs ont à remplacer le drapeau national par le drapeau de la lutte des classes ! Il n’y aura pas de paix durable sans que nous, travailleurs de tous les pays, nous tendions la main par-dessus les frontières que nous n’avons pas choisies pour renverser ensemble la classe capitaliste qui règne sur la planète entière !
[...] Nous avons la force du nombre et surtout la force de notre utilité sociale parce que nous faisons tourner la société, parce que nous produisons les richesses, nous produisons leurs capitaux. Ce qui nous manque c’est la conscience d’appartenir à un seul et même camp de combattants à l’échelle internationale.
Cette conscience est sans cesse effacée par le nationalisme, le militarisme et la xénophobie omniprésents dans cette période de guerre. Mais c’est cette conscience qu’il faut faire vivre contre toutes les divisions créées par la classe capitaliste et ses dirigeants politiques.
Mais, en même temps que ces dirigeants s’emploient à faire naître et à alimenter des haines nationalistes, raciales ou religieuses, ils nous unissent dans un sort commun. Car nous payons tous, d’une façon ou d’un autre, leurs crises et leurs guerres.
L’avenir de l’humanité dépend des travailleurs
Je le redis, la classe ouvrière doit reprendre conscience de son existence, de sa puissance et de ses intérêts propres à l’intérieur de chaque pays et à l’échelle internationale. Elle doit reprendre conscience qu’elle constitue un camp à part entière et qu’avec une politique claire, elle a la capacité de tout changer.
Elle doit reprendre conscience que tout dépend d’elle, toutes les productions de richesses, l’accumulation du capital et même les guerres. Car sans travailleurs, sans ouvriers qui fabriquent les munitions, sans les techniciens et les ingénieurs capables de mettre au point les drones, sans les chauffeurs pour les transporter et les soldats puisés dans les classes populaires pour les manier au front, il ne peut pas y avoir de guerre.
L’avenir de l’humanité dépend de la capacité des travailleurs à se mettre au travers des décisions de la bourgeoisie et de ses États. Pour les y aider, il faut construire partout des partis révolutionnaires dignes de ce nom et les regrouper dans une internationale.
Les travailleurs ont déjà su organiser trois internationales. La Première et la Deuxième Internationales ont répandu parmi les travailleurs la conscience de faire partie d’une seule et même classe ouvrière, de vivre et de combattre pour une même cause.
La Troisième Internationale, fondée après la révolution russe et en plein milieu d’une vague révolutionnaire, se considérait comme le parti mondial de la révolution communiste jusqu’à ce que la bureaucratie stalinienne la liquide, d’abord politiquement puis en la dissolvant purement et simplement. Un des pires dégâts du stalinisme est d’avoir inventé la notion du « socialisme dans un seul pays » et d’avoir enchaîné les partis communistes des différents pays et, derrière eux, les millions de travailleurs qui leur faisaient confiance, derrière le nationalisme, c’est-à-dire derrière leur bourgeoisie nationale.
Alors, il faut tout reconstruire. Reconstruire des partis ouvriers dignes de ce nom, en partant de nos entreprises, de nos quartiers, des réseaux et reconstruire une internationale. Cette volonté, nous la partageons avec les camarades venus d’autres pays et qui forment avec nous l’Union communiste internationaliste. J’en profite pour saluer tous les camarades venus de l’étranger. Ils sont parfois venus de loin [...].
Reconstruire une internationale
Nous savons tous combien la tâche est ambitieuse et combien nous en sommes encore loin. Mais [...] même si toute l’évolution réactionnaire, nationaliste et guerrière nous est contraire et nous condamne peut-être pour toute une période à rester très minoritaires, les choses peuvent aussi changer très vite. [...] Les crises et les bouleversements actuels changent les consciences, ils politisent ceux qui ne se croyaient pas concernés par les décisions prises dans les palais présidentiels et les salles d’état-major et ils conduiront nécessairement à ce que de plus en plus de travailleurs contestent l’ordre social et tous ses suppôts. [...]
Le plus important est que, lorsque les masses se lanceront dans le combat, il y ait des partis pour aider les travailleurs à en prendre la tête, car ils sont les seuls à pouvoir s’attaquer réellement au pouvoir des capitalistes, c’est-à-dire à la propriété des multinationales, et à s’en emparer pour en faire des biens collectifs au service de tous.
Et puis, il faut une internationale pour étendre les mobilisations, les révoltes et la révolution aux pays voisins. Car déclarer la guerre à la bourgeoisie dans un pays, c’est déclarer la guerre à la bourgeoisie du monde entier, et, pour vaincre, il faut l’action révolutionnaire de tous les travailleurs.
Et alors, il sera possible de construire un monde débarrassé de l’exploitation, des guerres, il sera possible de construire une économie supérieure au capitalisme, une économie rationnelle et planifiée à l’échelle internationale, débarrassée de toutes les frontières imbéciles qui nous séparent.
L’intégralité du texte ainsi que les vidéos des meetings et de nombreux débats sont disponibles sur le site de Lutte ouvrière (lutte-ouvriere.org) et sur sa chaîne Youtube (@lutteouvriere)