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Leur société
Passoires thermiques : les étiquettes valsent, la facture reste
À partir du 1er janvier 2026, près de 850 000 logements devraient sortir de la catégorie « passoire thermique ». Il y a de quoi réjouir leurs propriétaires, qui pourront à nouveau les louer, mais pas de quoi changer le problème du mal-logement.

Le diagnostic de performance énergétique (DPE), qui classe les logements en fonction de leur consommation énergétique et émissions de CO2, a été introduit en 2006, à titre informatif sur les installations énergétiques et le niveau d’isolation des logements. À partir de 2021, ce classement est devenu prescripteur, les propriétaires étant censés effectuer les travaux nécessaires, et depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G, les « passoires thermiques », étaient interdits à la location.
Dans son rapport de février 2025, la Fondation pour le logement des défavorisés estimait à quatre millions le nombre de personnes mal- logées en France. Parmi eux, 2,2 millions vivaient dans un habitat dégradé, sans chauffage, ou encore sans salle de bains, voire sans eau courante, etc.
Ce n’est pas la magie de Noël qui aura transformé depuis le 1er janvier des centaines de passoires thermiques en foyers douillets. Ce n’est pas non plus la bonne fée des travaux d’isolation et du remplacement des vieux convecteurs électriques énergivores. Le coup de baguette magique consiste en une modification du calcul du coefficient appliqué pour estimer le coût énergétique du chauffage à l’électricité. Sur le papier, un logement chauffé à l’électricité consommera « moins », ce qui améliorera son classement DPE, sans rien changer à la facture d’électricité de son occupant !
À l’annonce de cette révision, plusieurs associations de consommateurs, dont l’UFC Que choisir, ou de locataires, comme la Confédération nationale du logement (CNL), ont adressé une lettre ouverte au gouvernement pour dénoncer une réforme « en trompe-l’œil » qui ne fera pas baisser les factures des ménages et qui ferait sortir des logements mal isolés et mal chauffés de la catégorie « passoires thermiques », sans travaux de rénovation.
Les grands perdants de cette valse des étiquettes seront bien sûr les locataires les plus précaires de ces logements passoires, que leurs propriétaires ne seront plus incités ou contraints à rénover.