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Leur société
PFAS : pollueurs et profiteurs
En toute discrétion, le gouvernement a décidé de reporter une nouvelle fois l’application d’une loi sur les polluants éternels, adoptée en février 2025.
Celle-ci instaurait un mécanisme de redevance pour les entreprises qui déversent les PFAS qui contaminent massivement l’environnement et la population. Les pollueurs devraient s’acquitter d’une taxe selon la quantité de PFAS rejetés, l’argent allant aux agences de l’eau et aux collectivités pour financer la dépollution. Une liste de 200 entreprises, dont BASF, Arkema, TotalEnergies, avait été établie en octobre 2025. Des poids lourds industriels qui ont le bras long, et qui savent se faire ouvrir les portes des ministères, de Matignon et de l’Élysée, afin de protéger leurs intérêts. Pourtant, le moins qu’on puisse dire est que cette loi ne menace pas le moins du monde ni le fonctionnement ni la trésorerie des industriels : la redevance en question n’aurait été que de 21 millions d’euros, si elle était entrée en vigueur en octobre 2025. Une somme ridicule, au regard des profits de ces grands groupes, et surtout au regard du coût de la dépollution nécessaire : un consortium de journalistes et d’ONG l’évaluait à 12 milliards par an dans un rapport de janvier 2026.
La cellule investigation de Radio France a révélé le report au 1er septembre 2026 de l’application de cette loi, qui devait entrer en vigueur en mars. Le Premier ministre aurait stoppé le processus, afin d’offrir « visibilité » et « sécurité juridique » aux industriels, c’est-à-dire pour leur laisser le temps d’adapter leurs bilans et leurs chiffres afin de payer le moins possible. L’État est bien là dans son rôle : protéger les industriels pollueurs. La sécurité et la santé de la population, elles, peuvent bien attendre.