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Leur société
Pompiers : sous-équipement scandaleux
Quatre pompiers sont morts en combattant les incendies de ces dernières semaines. Le fait qu’ils soient envoyés au front sans moyens suffisants pour les combattre a certainement joué un rôle dans ces drames.
Mais, même lorsque l’issue n’est pas aussi tragique, leurs équipements sont insuffisants pour les protéger correctement.
Depuis le début des incendies, 129 pompiers ont été intoxiqués en respirant des gaz et des particules fines chargées en hydrocarbures ou en pesticides. Ces chiffres ne prennent cependant pas en compte les problèmes respiratoires, neurologiques ou digestifs, et les cancers que ces substances pourront induire à terme.
Ces risques sont connus et les pompiers ont obtenu la reconnaissance d’au moins quatre types de cancers en tant que maladies professionnelles. Mais cela n’a pas empêché les autorités de les envoyer au feu, volontaires comme professionnels, sans l’équipement minimum permettant de limiter cette contamination, en les dotant le plus souvent seulement de cagoules thermiques bas de gamme, incapables d’arrêter les particules toxiques. Il existe pourtant un modèle, à 80 euros pièce, comportant un filtre efficace, préconisé par la Sécurité civile. Mais malgré son prix modéré, le budget des SDIS (services départementaux d’incendie et de secours), dont dépendent les pompiers professionnels et les volontaires, n’a manifestement pas permis d’en acheter suffisamment. Un autre équipement, qui ne protège pas de la chaleur des flammes mais permet au moins d’arrêter les particules, est le masque FFP3, dont le coût est encore bien plus faible. Mais là aussi, les pompiers ont pu constater que si les journalistes qui couvraient les incendies en étaient dotés, eux n’y avaient pas droit. Un syndicaliste a rappelé également qu’en 2022, les pompiers polonais venus en renfort sur les feux de Gironde avaient des détecteurs de monoxyde de carbone, ce qui leur permettait de se retirer lorsque leur alerte sonnait. Or, faute de ces matériels, six pompiers ont été hospitalisés suite à une intoxication grave par ce gaz inodore.
Comme le personnel hospitalier pendant le Covid, pompiers professionnels ou volontaires ont donc été envoyés en première ligne risquer leur santé faute de moyens suffisants. Depuis des années, ils revendiquent ces moyens, pour eux et pour combattre plus efficacement les incendies, mais la principale réponse des gouvernements successifs a été d’envoyer contre leurs manifestations une police bien mieux équipée et protégée, quant à elle, pour les gazer et les matraquer.