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Leur société
Pompiers volontaires : les patrons font barrage
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a appelé les employeurs à libérer leurs salariés engagés comme sapeurs pompiers volontaires. L’annonce a été relayée par les médias, mais n’a cependant rien d’une contrainte à l’égard d’un patronat qui, justement, n’est pas très volontaire….
Nuñez s’est contenté d’envoyer un télégramme aux préfets leur demandant de sensibiliser les chefs d’entreprise à ce sujet. Il y a en France 198 900 pompiers volontaires pour 44 000 professionnels. Une grande partie du dispositif de lutte contre les incendies repose donc sur ces volontaires qui sont pour la plupart des salariés. Ils s’astreignent aux entraînements et aux missions risquées aux côtés des professionnels par esprit de dévouement, et chaque année certains y laissent la vie, comme ce jeune pompier mort le 8 juillet en intervention en Savoie.
Malgré leur rôle indispensable notamment en période d’incendie, rien n’oblige leurs employeurs à les libérer. Les disponibilités sont laissées au libre arbitre de ceux-ci, et dans la majorité des cas ne sont pas acceptées. Les volontaires doivent alors prendre sur leurs congés. Les entreprises peuvent si elles le désirent signer une convention avec les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) les obligeant à libérer leurs pompiers quelques jours, mais la très grande majorité s’en gardent bien. À une députée l’interrogeant en 2023 sur cette absence de contrainte, le ministre de l’Intérieur de l’époque avait répondu que « ce dispositif souple, correspondant aux réalités individuelles de chaque employeur, était plus adapté ». Dans le département de cette députée, seuls 329 pompiers volontaires sur 2 500 pouvaient alors bénéficier d’une telle convention. Le gouvernement fragilise ainsi la mobilisation des volontaires alors même qu’il refuse d’augmenter massivement les effectifs professionnels.
Si ceux qu’on appelle les « soldats du feu » sont ainsi laissés à la merci de leurs patrons, il est remarquable qu’il n’en aille pas de même pour les soldats des éventuelles guerres impérialistes. Les réservistes de l’armée peuvent prendre dans l’année entre cinq et huit jours qui s’imposent à leurs patrons. On voit où sont les priorités.