Une possible trêve… entre deux guerres27/05/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/05/P1-1_Bombardement_isra%C3%A9lien_sur_Beyrouth_le_2mars_2026_HD_C__Ibrahim_AMRO_-_AFP.jpg.420x236_q85_box-0%2C83%2C799%2C533_crop_detail.jpg2026-05-27

Editorial

Une possible trêve… entre deux guerres

Illustration - Une possible trêve… entre deux guerres

Les États-Unis et l’Iran vont-ils arriver à un accord de paix ? Ce serait, bien sûr, un immense soulagement pour la population iranienne et pour nous tous, ici.

Pour les Iraniens, ce serait la fin de l’angoisse des bombardements et la remise en marche de l’économie, qui s’est effondrée sous les coups des destructions et des fermetures de grands complexes industriels. La levée du blocus réduirait peut-être les pénuries et l’inflation, même si elle ne supprimera pas la dictature que plusieurs millions d’Iraniens ont contestée il y a moins de cinq mois.

Pour nous, ici, cela signifierait la réouverture du détroit d’Ormuz et une moindre pression sur les cours du pétrole. Cela n’empêchera pas l’inflation de se répandre dans toute l’économie car le mal est fait : les prix sont repartis à la hausse et les circuits économiques vont mettre beaucoup de temps à se rétablir. Mais la pression va se relâcher… dans l’attente d’une autre crise.

Si accord de paix il y a, il sera entre Washington et Téhéran, pas entre Tel-Aviv et Téhéran. L’État israélien, fort du soutien américain et de son impunité internationale, veut continuer d’imposer sa domination sur toute la région. La guerre continue donc au Liban, la colonisation et l’oppression des Palestiniens se poursuivent à Gaza et en Cisjordanie.

Même entre les États-Unis et l’Iran, cet accord ne serait qu’un répit entre deux guerres. Car aucune des raisons qui ont poussé Trump à bombarder l’Iran n’a disparu. Le régime des Gardiens de la révolution n’a rien lâché sur le nucléaire et le moins que l’on puisse dire est qu’il ne se soumet pas.

Si un accord survient, ce sera parce que les États-Unis auront accepté de manger leur chapeau en entérinant certaines conditions de ce régime.

Trump a embarqué les États-Unis dans le même type d’impasse et de défaite qu’ils ont déjà connu au Vietnam, en Irak et en Afghanistan : la plus grande puissance mondiale peut bombarder et semer la dévastation des mois et des années durant, cela ne lui donne pas pour autant les moyens de conquérir un pays et de briser un régime.

Ce cuisant revers n’empêchera cependant pas Trump de fanfaronner, et il ne changera rien à la volonté américaine de régenter le monde. Le psychopathe de la Maison Blanche est confronté à l’hostilité de la population américaine face à sa guerre. Il a besoin de calmer le jeu pour ne pas risquer de subir une défaite électorale dans six mois, lors des élections de mi-mandat. Mais il reste le chef suprême de l’impérialisme, déterminé à consolider à tout prix la domination des capitalistes américains partout sur la planète.

L’humanité est de nouveau confrontée à une époque de guerre mondiale. Parce que le capitalisme étouffe dans ses frontières nationales et parce que la compétition pour le contrôle des marchés, des matières premières et des circuits commerciaux continue. Les États-Unis sont à l’offensive parce qu’ils ont peur de voir leur leadership menacé, en particulier par la Chine. Alors, ils ne tolèrent plus les régimes qui ne sont pas complètement à leur botte en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique.

Et ce n’est pas parce que Trump et Xi Jinping se sont serré la main à Pékin, il y a dix jours, que les choses vont s’arrêter là. Les États-Unis et la Chine se préparent pour leur grande confrontation, et tous les États sont en train d’amasser un arsenal capable de faire sauter plusieurs fois la planète.

Alors non, la guerre entre les États-Unis et l’Iran ne sera pas qu’une parenthèse. Elle a accru l’instabilité du monde, accru le militarisme et accru la crise économique aussi.

Ce n’est pas dans des poignées de mains et dans les accords de paix entre tyrans que le capitalisme montre son vrai visage. Il le montre dans le fracas des bombes et la sordide comptabilité des morts. Il le montre dans les combats meurtriers pour conquérir le moindre mètre carré en Ukraine.

Il le montre dans la destruction méthodique de Gaza, dans le supplice des Palestiniens, les villages libanais dynamités et rayés de la carte, dans les guerres sans fin qui ravagent l’Afrique. Il le montre dans les souffrances infinies des familles qui perdent leurs proches, leurs maisons, leurs terres.

Le capitalisme et la société bourgeoise cachent de moins en moins leur férocité et leur violence derrière le prétendu droit international. Il ne faut pas seulement dénoncer ces mensonges mais se battre pour renverser ce système barbare.

Bulletins d’entreprise du 26 mai 2026

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