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- Lutte ouvrière n°3012
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Dans les entreprises
La Poste – Paris Brune : le mensonge de trop de la direction
Sous prétexte de baisse du trafic, La Poste supprime en permanence des milliers d’emplois, aggravant de fait le travail des postiers.
Comme si cela ne suffisait pas, La Poste contribue elle-même à désorganiser la distribution quotidienne du courrier par le passage alterné, un jour sur deux, du facteur chez les usagers, ce qu’elle appelle la « tournée pilotée ».
Chaque année La Poste augmente aussi ses tarifs bien au-delà de l’inflation, (+ 9,35 % rien que pour le timbre vert en 2026).
Avec ses attaques permanentes contre les conditions de travail, vécues comme un rouleau compresseur par le personnel, la direction de La Poste veut faire croire que celles-ci sont une fatalité. Mais ses coups répétés suscitent aussi parfois des réactions. À Paris, après la grève de plusieurs jours des facteurs de Paris 15 pendant la campagne municipale ou le débrayage de ceux de Paris 20 contre une réorganisation annoncée, c’est à Paris Brune que le mécontentement s’est exprimé.
Lundi 13 avril, dans ce centre qui regroupe plusieurs centaines de postiers de trois arrondissements parisiens, les 5e, 13e et 14e, plus d’une cinquantaine d’entre eux ont cessé le travail et se sont rassemblés pour dénoncer les mensonges de la direction. La dernière réorganisation, en octobre 2025, a supprimé une vingtaine d’emplois. Pour faire passer la pilule, la direction avait maintenu six postes dits « d’ajustement » parmi la quarantaine d’agents chargés de préparer les tournées dans les îlots des quartiers Denfert-Rochereau, Panthéon, Mouffetard, Tolbiac, Glacière et Jeanne-d’Arc. Promis, juré, la direction s’était alors engagée à maintenir ces positions de travail jusqu’en octobre 2026. Mais, marchant sur ses propres engagements, le directeur a annoncé qu’il avançait au mois de mai les suppressions d’emplois prévues. Cette annonce a révolté les six agents concernés, qui comptaient sur ces quelques mois de répit, mais aussi les autres. Aussi, quand les syndicats ont appelé à un rassemblement pour interpeller la direction, le débrayage a immédiatement été massif.
Le directeur, qui avait brandi dans un premier temps comme une menace l’interdiction des prises de parole, face à la mobilisation, a dû se résigner à écouter, non seulement les interventions syndicales, mais aussi celles des travailleurs en colère lui reprochant ses mensonges. Puis, ayant voulu justifier l’avancement des suppressions d’emplois par l’accélération de la baisse du trafic, il s’est entendu rappeler l’oubli dans ses calculs des montagnes de plis électoraux qui avaient dû être écoulés dans les pires conditions à cause du manque de bras.
Suite à ce débrayage, la direction a repoussé la mesure en juin plutôt qu’en mai et a assuré que tous les agents seraient maintenus dans le service. Il n’est pas sûr que cela suffise aux postiers de Brune, qui en ont assez de ses mensonges et des suppressions d’emplois intervenant tous les deux ans, tous les ans et maintenant tous les six mois.