RDC : mort de centaines de mineurs11/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3002-c.jpg.445x577_q85_box-13%2C0%2C1284%2C1646_crop_detail.jpg

Dans le monde

RDC : mort de centaines de mineurs

Le 28 janvier à Rubaya, un site minier dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), un pan de colline s’est effondré. Entre 200 et 400 personnes, peut-être davantage, ont été tuées dans le site d’où est extrait 15 % de la production mondiale de coltan,

Les morts sont des mineurs mais aussi des enfants et des femmes commerçantes qui vivent de l’extraction de ce minerai indispensable aux productions électroniques, médicales ou militaires. Le travail à la mine de Rubaya est totalement artisanal, tout se fait à la main, de l’extraction au lavage des minerais. Les mineurs creusent de longs tunnels, jusqu’à 150 mètres, dans des collines argileuses. Ces galeries ne sont ni étayées ni drainées, ce qui devient dramatique à la saison des pluies en cours. Pour 5 dollars pour jour, les mineurs risquent leur vie tous les jours et se détruisent la santé en travaillant avec de simples pioches, pelles et barres à mine. Il n’y aucun service de secours. Comme l’a dit un mineur lors de l’effondrement, « il n’y a que les creuseurs qui assistent les leurs ».

Rubaya, comme la ville de Goma, située à 70 kilomètres, est contrôlée depuis janvier 2025 par le groupe armé M23. Avec l’appui militaire du Rwanda, le M23 a étendu son pouvoir sur une large partie du Kivu, où il a implanté une sorte d’administration. La taxe de 7 dollars appliquée à chaque kilogramme de minerai extrait de la mine de Rubaya rapporterait 800 000 dollars par mois au M23. Le gouvernement congolais dénonce cette mainmise et attribue les morts de l’effondrement à l’occupation armée par le M23. Mais, en novembre, des dizaines de personnes ont péri dans l’effondrement d’un pont situé sur un site minier du sud de la RDC qui, lui, est sous contrôle du gouvernement central congolais.

Avant l’arrivée du M23, d’autres chefs de guerre, non liés au Rwanda, exploitaient le site minier dans des conditions tout aussi terribles. À Rubaya travaillent d’ailleurs des mineurs congolais comme rwandais. Le Kivu compte plus de 200 000 mineurs, auxquels s’ajoutent bien d’autres travailleurs qui assurent les transports indispensables sur des motos ou de simples vélos, et des vendeuses de rue qui préparent les repas que leur achètent les mineurs, tous victimes de la même exploitation et courant les mêmes dangers mortels.

Derrière les chefs de guerre qui attisent le nationalisme et les affairistes locaux, qu’ils soient congolais ou étrangers, se tiennent les grands groupes capitalistes occidentaux qui empochent la part du lion. Ce sont les clients finals du coltan et des autres minerais de sang, l’étain, le tungstène et l’or. Ces derniers alimentent les chaînes de montage des Apple, Motorola, Thales, Tesla et autres Samsung, après avoir été raffinés en Chine ou en Malaisie. Depuis leurs sièges luxueux à New York, Londres ou Paris, les capitalistes occidentaux profitent de ce chaos infernal qui règne dans l’est de la République démocratique du Congo.

Depuis trente ans, cette région est ravagée par des guerres sans fin qu’alimente ce pillage des minerais. Malgré l’annonce par Trump, le 4 décembre 2025, de la signature d’un accord de paix entre le Rwanda et le Congo les combats n’ont pas cessé, l’exploitation et ses morts non plus.

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