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Roumanie : les grandes manœuvres de l’UE
Le Parlement roumain a validé des contrats de défense d’un montant de 8,33 milliards d’euros, financé par l’Union européenne (UE). C’est la première tranche du programme Action pour la sécurité en Europe (SAFE) de 16,68 milliards.
En fait de « sécurité », depuis des années l’UE et la France s’emploient à impliquer la Roumanie dans leur bras de fer militaire, sinon directement guerrier, avec la Russie. La Roumanie, membre de l’UE, présente en effet l’avantage, pour les puissances occidentales, d’avoir une longue frontière terrestre avec l’Ukraine, ce pays dont l’impérialisme a fait le pion avancé de sa confrontation avec la Russie.
En 2022, au début de la guerre en Ukraine, la France a envoyé 1 500 hommes de sa 7e brigade blindée en Roumanie. Ils s’y sont d’autant plus installés que Washington a, pour sa part, récemment annoncé réduire de moitié sa présence militaire sur place. Alors, les chaînes de télévision hexagonales montrent régulièrement ces militaires français opérant avec tout leur attirail : chars Leclerc, blindés VBCI, canons Caesar, hélicoptères, engins amphibies…
En novembre dernier, leur effectif a été porté à 3 000 hommes, afin qu’ils servent de pivot aux manœuvres de l’Otan baptisées Dacian Fall, auxquelles participaient aussi 2 000 soldats belges, espagnols et luxembourgeois. Le ministère des Armées disait vouloir vérifier l’interopérabilité de ces contingents. L’état-major de l’Armée de terre, lui, a précisé que la brigade avait passé le test « bonne de guerre ». En clair, ses moyens de combat avaient pu être mobilisés en dix jours, montrant qu’on pouvait mettre sur pied une division (trois brigades) en un mois.
Ainsi, quand Macron et ses généraux appellent la population à se préparer à la guerre, ce ne sont pas que des mots. Ils agissent aussi pour enchaîner à leur camp la population roumaine qui, n’en doutons pas, se retrouvera en première ligne des combats.
Bien sûr, cette « aide » militaire à la Roumanie est d’abord un soutien sonnant et trébuchant aux marchands d’armes français. Ce pays a ainsi acheté récemment, pour 660 millions hors TVA, des missiles sol-air Mistral 3 « dans le cadre de l’initiative européenne d’acquisition conjointe » d’armements. Une « initiative » qui a aussi permis de caser ces missiles à la Belgique, l’Espagne, Chypre, la Hongrie, la Slovénie, le Danemark, sans oublier la France.
En Roumanie ou ailleurs, « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels », comme disait Anatole France aux lendemains de la première boucherie mondiale.