Sécurité sociale : casser le thermomètre ne fait pas baisser la fièvre27/05/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/05/P5-1_Patron_et_burn-out_OK_LUPO.jpg.420x236_q85_box-0%2C56%2C800%2C506_crop_detail.jpg2026-05-27

Leur société

Sécurité sociale : casser le thermomètre ne fait pas baisser la fièvre

Pour lutter contre la hausse des maladies professionnelles et des accidents du travail, la Sécurité sociale a envoyé aux médecins et aux psychiatres une note leur enjoignant de ne pas mentionner sur le certificat d’arrêt de travail l’origine professionnelle de la maladie.

Illustration - casser le thermomètre ne fait pas baisser la fièvre

Plus de 50 000 maladies professionnelles ayant entraîné un arrêt de travail ou une incapacité ont été reconnues en 2024.

Parmi ces chiffres en hausse, on compte 1 805 maladies psychiques, majoritairement des dépressions. Et dans les accidents du travail, près de 700 000, 29 000 sont liés à des affections psychiques.

Le problème des responsables de la Sécurité sociale n’est donc pas de lutter contre les causes de cette augmentation, qui sont bien connues : le recul de l’âge de la retraite ainsi que l’augmentation des cadences et des pressions dans les entreprises. Il est de faire diminuer ce chiffre et pour cela d’empêcher les assurés de s’appuyer sur un avis médical pour faire reconnaître leur maladie professionnelle ou leur accident. Elle demande au médecin de ne pas aider le patient, en particulier dans les cas de burn-out et de dépression.

Pour faire valoir ses droits, le patient doit alors accomplir un véritable parcours du combattant : c’est la caisse d’assurance maladie, le médecin du travail, le service médical et le cas échéant le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) qui sont seuls habilités à décider de la cause professionnelle de la maladie.

La Sécurité sociale ordonne donc au médecin de ne pas mentionner l’origine d’une maladie liée au travail mais de se contenter de dresser la liste des symptômes observés. Par exemple, elle lui demande d’écrire : « anxiété marquée, troubles du sommeil et retentissement fonctionnel constatés ce jour ; le patient rapporte des difficultés professionnelles » au lieu de « souffrance au travail consécutive aux agissements de la hiérarchie ».

En fait, les responsables de cette note précisent que les maladies sont reconnues d’origine professionnelle lorsqu’elles sont « essentiellement et directement causées par le travail habituel de la victime et qu’elles entraînent le décès ou une incapacité permanente ». Autant dire au patient de commencer par mourir, on étudiera alors son dossier.

Tout un programme pour ne surtout pas dénoncer les conséquences de l’exploitation !

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