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- Lutte ouvrière n°3027
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Dans les entreprises
Sites Seveso : capitalisme = danger
Environ 30 000 personnes ont été confinées le 2 août lors de l’incendie d’un entrepôt contenant des produits toxiques sur un site classé Seveso à Gandrange, en Moselle.
La France compte environ 1 300 établissements classés Seveso, dont plus de la moitié sont classés seuil haut et, pour beaucoup, sont construits au centre ou à la lisière d’agglomérations. Ainsi les 24 et 25 juillet, la progression de l’incendie de Saumos en Gironde avait menacé trois sites industriels classés Seveso « seuil haut » sur les trente-six sites Seveso que compte le département. Dix-sept sont concentrés dans la métropole de Bordeaux.
C’est un grave accident industriel, une explosion suivie d’une émanation de dioxine, dans la commune de Seveso, au nord de Milan, en 1976, il y a cinquante ans, qui a entraîné à partir de 1982 des directives européennes sur les procédures pour prévenir de telles catastrophes. Mais le classement en sites dits Seveso n’a rien réglé, comme l’ont montré l’explosion de l’usine AZF de Toulouse en 2001 et l’accident chimique à l’usine Lubrizol à Rouen en 2019, et bien d’autres depuis. Ainsi depuis 2003, des mesures sont censées éviter la présence d’habitations à proximité de ces sites, mais les récents événements montrent qu’en pratique on en est loin. Rien n’est vraiment fait pour diminuer les risques, alors que les accidents dans ces usines dangereuses sont fréquents. De plus, la population elle-même n’a aucun moyen de contrôle.
L’irresponsabilité de nombreux patrons, et la complicité de l’État qui ne veut en rien les contraindre, font que la menace de nouvelles catastrophes continue de peser sur les travailleurs de ces entreprises et toute la population.