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Leur société
Titres de séjour : le renouvellement rendu impossible
Le ministre de l’Intérieur , Laurent Nuñez, a déclaré samedi 4 avril avoir présenté au Premier ministre Lecornu un plan d’embauche de 500 vacataires dans les préfectures, afin de réduire les délais de traitement des demandes liées aux titres de séjours.
Le problème n’est vraiment pas nouveau. Les délais pour la demande ou le renouvellement d’un titre de séjour, dont les travailleurs étrangers dépendent pour pouvoir continuer à avoir un emploi, vivre et faire vivre leur famille, se sont allongés. Même en s’y prenant des mois à l’avance, il n’y a aucune garantie que l’administration réponde avant l’expiration du titre de séjour précédent. Les préfectures délivrent des « attestations de prolongation d’instruction », qui arrivent elles-mêmes à expiration et qu’il faut donc tenter de renouveler… Par ailleurs ces attestations de prolongation ne permettent pas de sortir du territoire, rendant impossible à ces travailleurs de rendre visite à leur famille ou à leurs amis dans leur pays d’origine, même en cas de problème grave.
Des centaines de milliers de travailleurs étrangers voient donc arriver la date d’expiration de leur titre de séjour d’un, quatre ou même dix ans avec l’angoisse de ne pas arriver à le faire renouveler à temps et de perdre leur emploi. C’est une menace qui pèse sur toute une fraction du monde du travail, et qui se concrétise avec de plus en plus de contrats suspendus voire de licenciements, sous ce prétexte.
Amnesty International avait souligné le problème dans un rapport en novembre, et la CGT a organisé depuis près d’un an des actions pour dénoncer cette situation. Les préfectures font la sourde oreille, et encore, quand il y a des oreilles, car le plus souvent il est de toute façon impossible de les joindre. Les possibilités de rendez-vous physiques ont été réduites au minimum, les lignes téléphoniques également, l’essentiel se passe sur des plateformes internet où le dossier déposé peut rester des mois « en cours d’instruction », voire simplement « déposé », sans qu’il soit possible d’en savoir plus.
Le plan d’embauche de 500 vacataires, dont il n’est même pas dit qu’il sera validé par le Premier ministre, ne suffira pas à inverser la tendance. D’autant que les pouvoirs publics sont en permanence à l’offensive contre l’ensemble du monde du travail, et que s’en prendre aux travailleurs étrangers est de plus en plus à leur agenda.