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Dans le monde
Trafic de mensonges
L’enlèvement de Nicolás Maduro, le président vénézuélien, a été mis en scène par le gouvernement américain comme la capture d’un chef de cartel de la drogue.

Déjà en 2020, sous le premier mandat de Trump, la justice américaine l’avait mis en examen pour trafic de drogue. Plus récemment, pour justifier ses multiples pressions sur le Venezuela, Trump et son gouvernement ont alourdi leurs accusations en prétendant que Maduro était à la tête du cartel « los soles » ; les soleils étant les étoiles des généraux vénézuéliens supposés être aussi des trafiquants.
Cette accusation est si ridiculement fausse que sitôt Maduro mis en prison à New York, l’accusation a laissé tomber cette histoire de cartel. Le reste de la procédure judiciaire lancée à son encontre est tout aussi grotesque : le juge à qui on l’a présenté, âgé de 92 ans, a été choisi on ne sait comment, et la ministre de la Justice américaine veut poursuivre ce chef de l’armée vénézuélienne pour possession d’armes automatiques… À ce titre Trump devrait être condamné pour possession de porte-avions et d’armes nucléaires.
Pour justifier le rapt de Maduro et de sa femme, les États-Unis l’accusent d’avoir provoqué la mort de centaines de milliers d’Américains par l’exportation de cocaïne. Mais l’essentiel de cette drogue est produit en Colombie, et non pas au Venezuela, et elle rentre illégalement sur le territoire américain via le Mexique. Le fentanyl, qui fait actuellement des ravages, vient surtout d’Asie. Quant aux overdoses massives qui ont fait récemment baisser l’espérance de vie aux États-Unis, elles ont été principalement provoquées par les opioïdes fabriqués et commercialisés légalement par des firmes pharmaceutiques américaines dans les décennies 2000 et 2010.
Pour ce qui est de la volonté de Trump de lutter contre le trafic de drogue, elle a pu aussi être mesurée il y a un mois lorsqu’il a gracié Juan Orlando Hernandez, ex-président du Honduras, qui purgeait une peine de 45 ans de prison aux États-Unis pour un trafic de drogue bien plus réel que celui imputé à Maduro. Conscient de la légèreté de son dossier, l’État américain a donc rajouté à l’accusation de trafic de narcotiques, celle de terrorisme, faisant de Maduro un dangereux « narcoterroriste ».
Chacun l’aura compris, le dossier judiciaire justifiant le raid sur Caracas n’est qu’un habillage pour la galerie de l’accentuation bien réelle des pressions que l’impérialisme américain exerce sur le Venezuela pour en faire sa chose.