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Ukraine : le gouffre de l’endettement
Pillé sans retenue par les clans de sa bureaucratie depuis la fin de l’Union soviétique, il y a bien vingt ans que l’État ukrainien ne boucle plus ses fins de mois qu’avec des crédits des institutions financières internationales et des puissances occidentales.
Depuis quatre ans, l’endettement de l’État s’est envolé au rythme des fournitures d’armes américaines et européennes.
En ce mois d’avril, Kiev a ainsi obtenu la confirmation du versement des 90 milliards d’euros promis par l’Union européenne – la Hongrie ne s’y opposant plus depuis la défaite électorale d’Orban.
En même temps, les représentants des puissances impérialistes du G7 et du Club de Paris (les créditeurs de l’Ukraine) ont signé un mémorandum concernant la dette internationale de Kiev.
Selon le ministre ukrainien des Finances, son pays a obtenu la suspension des remboursements de sa dette jusqu’en février 2030. C’est ce que prévoyait le Fonds monétaire international, grand ordonnateur de ce type d’opérations. Cette fois, il y mettait entre autres comme condition que l’État ukrainien augmente la TVA et l’impose notamment aux locations de logement. Autrement dit, tout en sachant que la dette, de guerre, mais pas seulement, de l’Ukraine est si immense qu’elle ne pourra jamais la rembourser, ses « amis » banquiers occidentaux et leurs États entendent en reporter le plus possible la charge sur les classes populaires.
Bien sûr, cela pose quelques problèmes parlementaires au président ukrainien pour faire adopter de telles mesures, ou plutôt pour en faire endosser la paternité à ses députés à la Rada, le Parlement. Mais le régime, et c’est aussi pour cela que ses parrains occidentaux le tiennent à bout de bras, trouvera bien un moyen pour satisfaire et la finance internationale et les oligarques locaux au détriment des classes laborieuses d’Ukraine.
Preuve de sa bonne volonté en la matière, Zelenski a signé la loi n° 15110 qui prolonge le prélèvement dit exceptionnel de la taxe militaire pour une durée de trois ans après la fin de la guerre, alors même qu’on ne la voit pas venir. Autant dire que l’exceptionnel est appelé à durer. Et à durer longtemps, puisque le gouvernement vient de déclarer que la population ukrainienne est assez nombreuse pour « tenir encore dix ans » face à l’armée du Kremlin.
Précision qui éclaire les priorités du régime, cette taxe militaire, qui est de 5 % sur les salaires, n’est que de 1 % sur les revenus des personnes morales, entendre les entreprises.