Union européenne : unis dans le délire anti-immigrés05/08/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/08/P12-1_Europe_des_barbel%C3%A9s_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-18%2C0%2C952%2C525_crop_detail.jpg2026-08-05

Leur société

Union européenne : unis dans le délire anti-immigrés

Une réunion en visioconférence des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne (UE) a eu lieu mardi 4 août. Elle avait été convoquée en urgence après l’arrivée dans l’enclave espagnole de Ceuta de près de 60 000 migrants venus du Maroc.

Illustration - unis dans le délire anti-immigrés

Destinée à «tirer les leçons» des évènements de Ceuta, cette réunion avait été exigée dans un texte signé par 22 chefs d’État et de gouvernement de l’UE. Ceux-ci accusaient le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, de ne pas en faire assez pour assurer la protection des frontières extérieures de l’Europe.

Ces dirigeants savaient pourtant pertinemment que les migrants une fois arrivés à Ceuta se heurteraient à des frontières qui leur resteraient totalement fermées, puisque ce territoire ne bénéficie pas des règles de libre circulation en vigueur dans l’espace Schengen. Leur hypocrisie est d’autant plus révoltante que, de toute façon, la plus grande partie des migrants avait regagné le Maroc à peine vingt- quatre heures après avoir réussi à pénétrer à Ceuta.

La Première ministre italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni, et celle du Danemark, la sociale-démocrate Mette Frederiksen, se sont montrées les plus en pointe dans la mise en scène de ce délire anti-immigrés en exigeant l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen. Ne voulant pas être en reste, les autres dirigeants européens ont presque tous saisi l’occasion de montrer leur souci de lutter contre l’immigration illégale. Macron a annoncé que les effectifs policiers à la frontière espagnole seraient multipliés par cinq et qu’ils seraient appuyés par des avions et des drones.

Cette dramatisation orchestrée par les gouvernements d’Europe répond évidemment à des préoccupations de politique intérieure. Prenant partout des mesures pour faire payer la crise à leur population, les équipes au pouvoir, quelle que soit leur étiquette politique, se discréditent toutes rapidement. Elles répondent par une multiplication des mesures contre les immigrés, utilisés comme des boucs émissaires et désignés comme responsables de toutes les difficultés. Sur ce terrain, l’extrême droite xénophobe et raciste multiplie les surenchères.

Ainsi, en Italie, Meloni est concurrencée sur sa droite par l’ex-général Roberto Vannacci, qui a récemment fondé son parti, Futuro Nazionale, en vue des législatives de 2027. En Allemagne, le conservateur Merz est confronté à la montée du mouvement d’extrême droite AfD alors que des élections régionales doivent avoir lieu en septembre.

À l’issue de la réunion du 4 août, les ministres de l’Intérieur se sont finalement prononcés en faveur du maintien des règles de circulation de Schengen, tout en envisageant de nouvelles mesures contre les migrants.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a écrit, dans un courrier adressé à Sanchez : « Cet épisode montre clairement que nous devons aller plus loin pour renforcer nos frontières aux points les plus sensibles. » Parmi les pistes évoquées : « une surveillance accrue et, lorsque cela est nécessaire, l’utilisation de barrières physiques ».

Ces derniers mois, l’UE a autorisé ses États membres à envoyer des déboutés d’asile dans des centres en dehors des frontières européennes. Toujours davantage de policiers, de drones, de camps de concentration pour empêcher les damnés de la terre de fuir la misère et la guerre, c’est tout ce que les cerveaux de ces dirigeants de pays dits civilisés sont capables d’imaginer.

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