Vol Rio-Paris : un succès symbolique27/05/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/05/une_3017-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg2026-05-27

Leur société

Vol Rio-Paris : un succès symbolique

Le 21 mai, Air France et Airbus ont été condamnés par la cour d’appel de Paris pour homicide involontaire dans l’affaire du crash du vol Rio-Paris, 17 ans après les faits et alors qu’ils avaient été relaxés en première instance en 2023.

L’Airbus A330 s’était abîmé dans l’Atlantique le 1er juin 2009, faisant 228 victimes – 216 passagers et 12 membres d’équipage. Il n’y eut aucun survivant. Pendant les années qui ont suivi cet accident, un des plus graves de l’histoire de l’aviation civile, le constructeur Airbus et la compagnie aérienne Air France, qui affrétait le vol, ont remué ciel et terre pour échapper à la justice. Pourtant, les causes de la catastrophe avaient été assez vite identifiées : les sondes Pitot, chargées d’indiquer la vitesse de l’avion, avaient dysfonctionné à cause du givre. Puis on apprit que ce problème avait déjà été identifié et signalé, à la fois à Airbus et à la Direction générale de l’aviation civile. Mais vu l’importance des enjeux financiers, le constructeur refusa de reconnaître ses responsabilités. Il commença par refuser des remplacer les sondes, affirmant que ce n’était pas forcément la solution au problème, avant finalement de s’y engager en avril 2009, quelques jours avant le crash.

Airbus et Air France ont pourtant été relaxés deux fois par la justice. Ces poids lourds français de l’aéronautique ont exercé de multiples pressions pour faire traîner l’affaire en justice, présentant des dossiers techniques dans lesquels la référence aux fameuses sondes avaient disparu… Ils ont accusé les pilotes, morts dans l’accident, de n’avoir pas réagi correctement, alors qu’aucune formation n’avait été dispensée pour leur permettre de pallier la défaillance des sondes.

Bien sûr, la condamnation des deux entreprises est essentiellement symbolique – 225 000 euros d’amende, la peine maximale pour une personne morale – et le feuilleton judiciaire n’est pas fini, puisqu’elles ont annoncé se pourvoir en cassation. Néanmoins le jugement de la cour d’appel de Paris est une première victoire à mettre au crédit de la détermination des familles de victimes et des pilotes à faire reconnaître la responsabilité de ces capitalistes du secteur aérien qui font passer la sécurité de leurs profits avant celle des passagers et des travailleurs.

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