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- Lutte ouvrière n°3004
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Dans le monde
Argentine
face aux attaques de Milei
Jeudi 19 février, l’Argentine était à l’arrêt. La grève nationale de 24 heures à laquelle avait appelé la CGT, la quatrième depuis l’arrivée au pouvoir de Milei, a paralysé les transports et l’économie.
Les ports fluviaux et maritimes ont, eux, été à l’arrêt pendant 48 heures. De leur côté, les travailleurs de l’industrie se sont également mobilisés. Ce sont eux qui subissent le plus fortement la récession et les multiples plans de licenciements engendrés par la politique d’austérité de Milei : 200 000 emplois industriels auraient disparu depuis décembre 2023.
L’objet de la grève est la loi dite « de modernisation du travail ». Lancée début décembre peu après la victoire électorale de l’extrême droite gouvernementale, elle a été adoptée à la Chambre des députés dans la matinée du 19 février, grâce à l’apport des voix de quelques députés de la gauche péroniste.
Une longue liste d’attaques violentes permet de flexibiliser le travail et de faciliter encore plus les licenciements. Les patrons pourront faire varier les horaires quotidiennement, jusqu’à 12 heures par jour, en fonction de leurs commandes. Ils pourront fractionner les congés de chacun de leurs salariés. Les licenciements deviennent quasiment gratuits pour eux. D’une part, les indemnités sont revues à la baisse. D’autre part, un fonds abondé par une partie des cotisations à la Sécurité sociale financera les licenciements.
Enfin, les conventions collectives par branche, intouchées jusque- là, pourront dorénavant être remises en cause et les accords d’entreprise primeront sur les accords de branche.
La loi vise à empêcher les travailleurs de réagir. Les occupations d’usine et piquets de grève seront dorénavant illégaux, les assemblées générales à l’intérieur d’une usine, interdites, sauf accord du patron. Dans les activités dites « essentielles », qui ne sont pas définies clairement, le droit de grève est tout bonnement supprimé.
Un des points forts de la mobilisation du 19 février était le blocage et la manifestation sur la route panaméricaine. Les manifestants s’étaient rassemblés autour des ouvriers de l’usine de pneumatiques FATE de San Fernando, dans le Grand Buenos Aires. La veille, ceux-ci avaient trouvé les portes closes et appris la fermeture définitive de leur usine par un communiqué de la direction affiché à l’entrée : 920 emplois directs étaient supprimés et près de 2 000 emplois indirects menacés. L’usine, vieille de 80 ans, fait figure de symbole de l’industrie nationale, un symbole dont se moquent bien Milei et le capitaliste argentin milliardaire qui en est propriétaire : Javier Madanes Quintanilla.
La mobilisation, d’une seule journée, ne pouvait pas faire reculer le gouvernement ni mettre fin aux licenciements. Elle a au moins montré que la classe ouvrière peut se mobiliser pour riposter aux mesures de Milei et du patronat.