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- Lutte ouvrière n°3004
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Dans les entreprises
Ruptures conventionnelles
le patronat à l’offensive
Lors des négociations sur l’assurance chômage entre syndicats et représentants du patronat, ces derniers ont proposé à nouveau de durcir les conditions d’indemnisation en cas de rupture conventionnelle.

Les ruptures conventionnelles, instaurées sous Fillon en 2008, sont bien plus favorables au patronat que les licenciements. Ce système permet en fait de licencier plus facilement et à moindre coût.
Aujourd’hui, l’État cherche tous les moyens pour réaliser des économies au détriment des travailleurs, et en particulier de ceux privés d’emploi. Le gouvernement a fixé l’objectif d’obtenir 400 millions d’euros d’économies aux négociateurs d’une nouvelle réforme de l’assurance chômage. Les représentants patronaux ont sauté sur l’occasion pour aller encore plus loin. Dans leur projet de réforme, la durée maximale d’indemnisation chômage, après une rupture conventionnelle, passerait de 18 mois à 15 mois pour les travailleurs de moins de 55 ans, et de 27 mois à 20,5 mois pour la tranche la plus âgée. De plus, pour les travailleurs dont le salaire brut avant la rupture dépasse 2 000 euros, les représentants patronaux souhaitent réduire l’allocation chômage de 30 % à partir du septième mois d’indemnisation. Selon l’Unedic, cette dernière mesure rapporterait, à elle seule, 30 millions d’euros la première année, et plus de 500 millions au bout de trois ou quatre ans.
Le projet patronal est dans la droite ligne de la série de réformes qui, depuis des années, ne cessent de réduire les conditions d’indemnisation en cas de perte d’emploi. Il s’agit aussi, pour le patronat, d’exercer une pression sur l’ensemble des salariés afin qu’ils acceptent des conditions de travail et des salaires toujours plus dégradés par peur du chômage et de la misère.