Smic : il y a moins que le minimum03/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3018-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-06-03

Article du journal

Smic

il y a moins que le minimum

Depuis la revalorisation du smic de seulement 35 euros le 1er juin, plus de 70 % des 179 branches professionnelles ont des salaires en dessous de ce minimum. Ce taux était 52 % en 2012 !

Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (smic) touché par plus de deux millions de travailleurs, porte bien mal son nom puisqu’avec 1 478 euros net pour un temps plein, il est bien loin de constituer un revenu minimum pour vivre dignement.

Contrairement aux autres salaires, il suit automatiquement l’augmentation officielle des prix. Du coup, après chaque revalorisation, des millions de salariés dont le traitement se situait un tout petit peu au-dessus du smic se retrouvent juste à son niveau, voire en dessous.

Comme les patrons ne sont pas contraints de modifier tout de suite leurs grilles de salaires, cette situation peut durer des mois et même plus. Pire encore, dix branches professionnelles, comme la jardinerie, le caoutchouc et le transport maritime, maintiennent en permanence depuis des années dans leurs grilles de salaires des échelons en dessous du smic.

Pour les patrons, l’intérêt de cette situation n’est pas de payer leurs employés en dessous du smic. La loi l’interdit et ils sont donc forcés de compenser la différence en versant une prime. Mais cela leur permet de bloquer les salaires au niveau du smic beaucoup plus longtemps. En effet, en changeant d’échelon, le salaire d’un travailleur augmente mais sa prime diminue, et donc au final, il ne touche toujours que le smic. Pire encore, le patron est doublement gagnant car plus les salaires restent à ce niveau, moins il paie de cotisations sociales !

Le ministre du Travail Farandou a fait mine de s’indigner devant la presse de cette situation scandaleuse et il a suggéré qu’il « pourrait y avoir des sanctions ». Mais les patrons peuvent dormir tranquille car l’État se comporte comme eux : les dix premiers échelons du premier grade de la catégorie C de la fonction publique sont actuellement en dessous du smic, ce qui concerne plus de 860 000 fonctionnaires !

Au-delà même de ceux qui sont payés au smic, c’est l’immense majorité des travailleurs à qui le patronat et l’État ne versent pas le salaire minimum, qui serait nécessaire pour vivre : précaires, à temps partiel, en stage, en contrats d’insertion, ou qui touchent à peine un peu plus de 1 500 euros.

Le minimum que les capitalistes n’auraient pas volé serait un mouvement général pour imposer l’augmentation massive de tous les salaires.

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