Antisémitisme : Macron et l’art de la falsification25/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3004-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Antisémitisme : Macron et l’art de la falsification

Ce n’est pas un hasard si, à la tête du gouvernement Macron- Lecornu, on se répand en déclarations aussi phraseuses qu’hypocrites pour condamner à grand bruit les « nouveaux antisémites » que seraient, indistinctement, ceux qui condamnent la politique du gouvernement israélien et les massacres commis à Gaza.

Entretien donné par Macron à Radio-J le 15 février, discours de Lecornu le 19 au dîner du Crif, le Conseil représentatif des institutions juives de France, ces interventions font écho à la proposition de loi de la députée Caroline Yadan qui, assimilant l’antisionisme à de l’antisémitisme, vise à faire tomber sous le coup de la loi toute critique de la politique criminelle de Netanyahou. Lecornu promet que cette loi sera examinée en avril. Et Macron a renchéri en proposant une « peine d’inéligibilité obligatoire » pour les élus coupables de propos antisémites et racistes. Ce qui, dans le contexte actuel, menace en fait tous ceux qui prennent position contre la politique de l’État d’Israël.

Derrière les grandes déclarations d’amitié et les raisonnements spécieux de Lecornu qui prétend que « soutenir l’État d’Israël, ce n’est pas soutenir un gouvernement », et que ce serait seulement reconnaître « le droit du peuple juif à disposer de lui-même », on retrouve sans gratter profondément le scandaleux amalgame entre l’indignation nécessaire face au massacre infligé à la population de Gaza, et l’antisémitisme, vieux préjugé raciste qui a conduit aux pogromes et aux millions de morts des camps d’extermination.

Cet amalgame n’est pas nouveau. Il vient immédiatement comme une insulte jetée à ceux qui condamnent la politique de guerre aux Palestiniens, menée par les gouvernements israéliens, et particulièrement depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Il a servi à couvrir le soutien de Macron et des siens à un Netanyahou assassin de masse, enchaînant son propre peuple à sa politique criminelle. Et « pour que les choses soient claires » comme disent d’une même voix Macron et Lecornu, il s’agit de blanchir l’image de ce dernier, de faire disparaître les traces du sang des dizaines de milliers de morts de Gaza.

À moins d’un mois des élections municipales, l’équipe gouvernementale a choisi de marquer son soutien aux dirigeants réactionnaires du Crif, comme si ces derniers avaient le droit de se dire les représentants de tous ceux qui, tout en se définissant comme Juifs, rejettent la politique de Netanyahou. Ce faisant, Macron et ses partisans ne font que renforcer les préjugés racistes et antisémites, et contribuent tranquillement à alimenter la propagande de l’extrême droite.

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