Bus Île-de-France : dérèglement clim’… atique03/06/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/06/une_3018-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-06-03

Dans les entreprises

Bus Île-de-France : dérèglement clim’… atique

Comme dans beaucoup d’endroits, à Paris et dans la petite couronne, avec la canicule, les conditions de transport dans les bus ont été une nouvelle fois catastrophiques, que ce soit avec la RATP ou avec les nouvelles entreprises gestionnaires du réseau.

Un quart des bus ne sont toujours pas équipés de climatisation, alors que cela fait 50 ans qu’il y en a à Montpellier ! Pendant des années, l’État, propriétaire de la RATP, et la Région Île-de-France ont en effet refusé d’équiper les bus de clim. Ils estimaient que leur maintenance impliquait trop de coût et d’effectifs dans les ateliers pour, selon eux, « seulement quelques jours de chaleur ». Le TVM (Trans-Val-de-Marne), présenté pourtant par la RATP comme la ligne de bus la plus fréquentée d’Europe, dispose seulement d’air pulsé qui pendant la canicule pulsait surtout la température à… 35 degrés au poste de conduite et beaucoup plus dans le reste du bus ! Autre exemple, au dépôt de Montrouge, les bus électriques Bolloré de la ligne 88 ont une ventilation minime qui envoient juste de l’air sur… le pied droit, mais rien vers le haut du corps du conducteur.

Mais, de toute façon, les clims des bus sont bien souvent tellement peu puissantes qu’elles ne font baisser la température que de cinq degrés et parfois moins quand il fait très chaud. En plus, elles sont fréquemment en panne à cause du manque de moyens affectés à la maintenance. Par exemple, au dépôt de Paris-Est, plus de 70 bus sont actuellement signalés pour des clims défaillantes, soit environ 20 %. Il n’y a en effet en ce moment que deux ouvriers sur cinq pour leur entretien.

Sur les bus électriques, les clims sont bridées pour économiser les batteries qui, en vieillissant, se déchargent plus vite. Il faut même parfois la couper pour avoir assez d’autonomie pour rentrer au dépôt. La température est alors plus élevée dans le bus qu’à l’extérieur…

Cette situation est éprouvante pour les conducteurs qui passent leur journée de travail dans le bus, d’autant plus que depuis 2023 les services ont augmenté de 40 minutes en moyenne. En plus, la direction de la RATP refuse le temps de pause garanti de huit à dix minutes en cas de forte chaleur à ceux qui roulent sur un bus avec clim’, alors que la chaleur y reste souvent très élevée. Pour les voyageurs, cela est également très pénible, d’autant que pour beaucoup d’entre eux, le temps passé dans les transports en commun pour aller au travail est de plus en plus long.

Depuis des dizaines d’années, l’humanité est capable de construire des engins spatiaux pour aller sur la Lune, mais il faut croire qu’avoir une climatisation correcte dans les bus, c’est plus que demander la Lune !

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