Conseil de la paix : brigandage à la Trump25/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3004-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Conseil de la paix : brigandage à la Trump

Trump a inauguré son Conseil de la paix en réunissant jeudi 19 février à Washington des représentants d’une quarantaine de pays.

Officiellement, ce Conseil annoncé après le cessez-le-feu conclu cet automne est censé régler le sort des Palestiniens de Gaza… sans qu’aucun Palestinien ne soit membre de ce conseil. Mais, au-delà, Trump prétend utiliser ce nouvel organisme pour « superviser l’ONU et veiller à son bon fonctionnement ».

Trump prétend-il faire naître une nouvelle instance internationale qui, comme les autres, maltraitera les peuples au nom du droit international ? Pour Gaza, les plans de ce conseil sont clairs sur le fond : il s’agit d’offrir les marchés de la reconstruction aux grands groupes industriels et financiers occidentaux, en faisant payer les populations locales et en puisant dans les richesses pétrolières et gazières de la région. Neuf pays ont annoncé au total 7 milliards de dollars de contribution : l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweit, Bahrein ainsi que le Maroc, l’Azerbaïdjan, l’Ouzbékistan et le Kazakhstan. Trump a osé conclure qu’il n’y avait « rien de moins cher que la paix », expliquant que cette somme ne représentait que « deux semaines de combat », sous-entendu à Gaza.

Pour encadrer cette reconstruction de la région, comprenez cette mise sous tutelle, une base militaire de 5 000 hommes devrait être construite dans le sud de la bande de Gaza. Des sociétés internationales du bâtiment spécialisées dans les zones de guerre auraient déjà visité le site, selon la presse britannique. Les 20 000 hommes intégrant cette force armée sous commandement américain seraient des soldats tunisiens, marocains, albanais, kosovars et kazakhs. L’Indonésie et la Turquie ont aussi proposé de fournir des contingents de plusieurs milliers de militaires.

Ces projets sont pour l’instant totalement virtuels car, malgré le cessez-le-feu officiel, les tirs et les bombardements restent quotidiens dans la bande de Gaza. Quant au seul organisme qui venait réellement en aide aux populations palestiniennes, l’agence mise en place par l’ONU en 1949, l’UNRWA, elle, est aujourd’hui aux abois à cause des exactions de l’armée israélienne à l’encontre de ses employés et des coupes budgétaires catastrophiques qu’elle subit de la part des États- Unis.

Même s’il ne s’agit pour l’instant que d’annonces, les intentions affichées de ce Conseil de la paix ne sont évidemment pas anodines. Trump a clairement affirmé que ses ambitions ne se limitaient pas à Gaza et qu’il s’agissait, sinon de remplacer l’ONU, en tout cas de la contourner voire de la chapeauter.

L’ONU n’a jamais été une institution défendant de près ou de loin le droit des peuples. Elle a cautionné de très nombreuses guerres des grandes puissances contre des mouvements d’indépendance des pays pauvres. Ses résolutions, en fonction de la situation internationale, peuvent rester parfaitement théoriques, comme toutes celles ayant condamné l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Mais l’ONU a un fonctionnement hérité du passé, des rapports de force entre grandes puissances à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, France et Chine), qui disposent d’un droit de veto, en sont le symbole. Ce droit de veto n’a jamais empêché aucune grande puissance d’agir comme bon lui semblait. La France a mené la guerre d’Algérie, alors que pendant des années elle était mise en cause régulièrement à l’ONU par les États-Unis. Et, aujourd’hui, vu les rapports de force entre grandes puissances, ce poids de la France au sein de l’ONU, par exemple, apparaît absolument exagéré aux États-Unis.

Trump voudrait sans doute mettre en place un organisme laissant à son pays les mains libres pour l’avenir. Pour l’instant, les membres ayant adhéré à ce Conseil de la paix sont les pays vassaux des États-Unis, comme les monarchies pétrolières du Golfe. Tous sont prêts à légitimer une occupation militaire israélo-américaine des territoires palestiniens dans le plus pur style colonial. A tous points de vue, ce Conseil de la paix sert avant tout à préparer d’autres guerres.

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