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Dans les entreprises
Duralex – Loiret : 243 emplois menacés
Le 1er juin, la verrerie Duralex à La Chapelle Saint- Mesmin, près d’Orléans, qui avait été reprise sous forme de société coopérative de production (Scop) par ses salariés, a été de nouveau placée en redressement judiciaire.
Pour les 243 salariés, qui n’ont reçu que la moitié de leur paye fin mai, c’est un coup dur, d’autant plus que fin 2025, la verrerie affichait un chiffre d’affaires en hausse de 7 %, et qu’ils avaient bénéficié d’un élan de solidarité lors de leur levée de fonds participative qui avait recueilli 20 millions d’euros en à peine quarante-huit heures.
Cela n’a pas suffi à renflouer la trésorerie de cette entreprise placée cinq fois en redressement judiciaire en vingt ans. Depuis 2020, les trois patrons qui se sont succédé à la tête de Duralex n’ont procédé à aucun investissement tout en touchant des aides de l’État. Ils ont fait un maximum de profit en exploitant les travailleurs et en usant jusqu’à la corde les machines et les fours vieillissants.
En juillet 2024, dans l’espoir de sauver leur emploi, 60 % des travailleurs avaient voté pour le projet de Scop soutenu à hauteur d’un million d’euros par la Région Centre- Val de Loire et Orléans Métropole qui a racheté l’usine et le foncier évalué à six millions d’euros.
Pour les responsables politiques de tout bord, c’était l’occasion de faire la promotion du « made in France », présenté comme seul capable de préserver les emplois. Ce patriotisme économique dédouane les patrons de toute responsabilité dans les licenciements et, de fait, influence aussi bien des travailleurs. Mais si ces derniers ont vu la création de la Scop avec sympathie, c’est surtout parce qu’ils se sentaient solidaires d’un combat pour sauver les emplois.
Le député LFI Thomas Portes a surfé sur cet élan en déclarant : « Les entreprises doivent être entre les mains des salariés, loin des patrons inutiles qui ne pensent qu’à se gaver. » Ces paroles sont citées par le journal libéral L’Opinion qui profite de l’échec de Duralex pour expliquer que les profits patronaux sont bien mérités au regard des risques pris. Des responsables politiques pointent la mauvaise gestion du directeur et l’opacité sur l’utilisation des fonds récoltés. Derrière toutes ces critiques transparaît l’idée que les travailleurs sont incapables de gérer les entreprises.
En réalité, les travailleurs de Duralex ont hérité d’une entreprise vieillissante et, comme dans toutes les autres, la Scop a dû endurer les conséquences de la hausse du coût des matières premières et de l’énergie. Cet échec prouve seulement que contrôler la majorité du capital d’une seule entreprise ne permet pas à ses travailleurs d’échapper aux exigences des financiers, à la concurrence et à la loi du profit.
Il faut remettre en cause la propriété privée de l’ensemble des entreprises et de l’économie. Les travailleurs produisent toutes les richesses, font tout fonctionner, et sont largement les mieux placés pour la diriger.