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États-Unis : onze morts dans l’explosion d’une usine
Une terrible explosion a secoué, le 26 mai, l’usine Nippon Dynawave Packaging, située sur les rives du fleuve Columbia, à Longview, dans l’État de Washington, au nord-ouest des États-Unis.
Onze travailleurs ont perdu la vie dans le plus important accident industriel dans cet État en près d’un siècle. Les 550 travailleurs de ce complexe industriel transforment des copeaux de bois, abondants dans cette région d’exploitation forestière intense, en pâte à papier, puis en carton. Ce processus fait appel à une solution de sulfure et d’hydroxyde de sodium, dont plus de 2,2 millions de litres étaient stockés dans la cuve qui a explosé, pour une raison pour le moment inconnue.
Le danger est persistant : il a fallu presque une semaine pour que les équipes de secours retrouvent les corps de toutes les victimes. Mais pour les autorités il n’y aurait pas de problème : selon elles, malgré le déversement massif de produits chimiques, le fleuve ne serait pas contaminé et l’eau resterait potable pour les habitants de Longview.
La sécurité de l’usine elle-même n’a jamais inquiété ni ses patrons bien entendu ni l’agence fédérale chargée de la contrôler. Celle-ci a déclaré qu’un feu, qui s’était propagé au stock de copeaux de bois en 2023, avait été un « accident » sans que les causes en aient jamais été déterminées. Cette agence ne dispose à l’échelle des États-Unis que d’un inspecteur pour 88 000 emplois, ce qui est trop au goût du patronat : Trump se propose d’en réduire encore le nombre de 12 %.
L’explosion du 26 mai a été d’autant plus mortelle qu’elle a eu lieu à 7 h 15, au moment du changement d’équipe et qu’habituellement la répartition des postes se fait dans une salle de pause qui a été soufflée. Cette salle était donc située très près des cuves de produits chimiques, alors que celles-ci constituent un risque évident.
Aux États-Unis, quinze travailleurs en moyenne meurent chaque jour au travail. C’est le cas parfois en un seul accident, comme celui qui a détruit un avion transportant les colis d’UPS en novembre sur l’aéroport de Louisville. Et même lorsqu’une entreprise est reconnue responsable de tels drames, ce qui n’est pas le cas général, elle n’indemnise les familles qu’à hauteur de 16 000 dollars (13 700 euros) en moyenne, ce qui est une goutte d’eau dans l’océan des bénéfices du patronat américain.
La classe ouvrière paie son exploitation de 5 000 morts par an lors d’« accidents », auxquels s’ajoutent 135 000 autres décès suite à des maladies professionnelles et blessures au travail.
Ce qui est en cause n’est pas une quelconque fatalité mais l’organisation générale de la production qui méprise la vie des travailleurs et dont le but n’est pas la sécurité maximale, mais le maximum de profits. Personne n’en protégera les travailleurs, sinon eux-mêmes, en se libérant de l’exploitation.