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Leur société
Impôts : les mensonges d’une ministre
D’après les documents rendus publics par le ministère de l’Économie, 18 525 foyers de millionnaires n’ont payé aucun impôt sur le revenu en 2024.
Ces foyers disposent d’un patrimoine immobilier d’au moins 1,3 million d’euros. Si l’on en retranche ceux qui sont décédés ou ont résidé en dehors du pays en cours d’année, leur nombre se réduit à 13 335. Parmi eux, la médaille d’or revient à un foyer au patrimoine immobilier de 142 millions et qui n’a pas payé un seul euro d’impôt sur le revenu ! De quoi faire réfléchir les dizaines de millions de travailleurs et de retraités qui, eux, peinent à régler leurs factures et à vivre de leur salaire ou de leur pension de retraite, et pour qui cet impôt représente une forte ponction.
Rappelons que, le 14 janvier, la ministre Amélie de Montchalin, nouvellement nommée présidente de la Cour des comptes et alors ministre des Comptes publics, avait déclaré : « Il n’est pas vrai que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu. Il n’y a pas de document à Bercy qui le montrerait. » Flagrant délit de mensonge !
Ces révélations n’ont cependant rien d’étonnant. Ces millionnaires ont été légalement exonérés de l’impôt sur le revenu grâce à des niches fiscales conçues à cet effet. Cela nécessite seulement des services comptables et juridiques spécialisés dans l’optimisation fiscale et qui ont l’embarras du choix : plus-values immobilières, dividendes capitalisés des plans d’épargne en actions, crédits ou réductions d’impôt, revenus exonérés et donc hors calcul du revenu fiscal de référence, etc. Au total, ces possibilités d’exonérations occupent vingt-deux pages de la liste officielle dressée par Bercy ! Ce qu’avoue sans honte le président PS de la commission des Finances : « Et encore, on ne parle ici que des foyers qui disposent d’un patrimoine immobilier qui les place dans les 0,5 % les plus riches. Si l’on incluait le reste du patrimoine, dont les actions, le phénomène serait encore plus marqué. »
« L’impôt (ne) saigne (que) le malheureux » comme le dit L’Internationale : et il est légalement conçu pour le faire.