Liban : la politique israélienne de la terre brûlée03/06/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/06/P8-1_Tyr_au_Liban_le_2_juin_C_Houssam_Shbaro_Anadolu_via_AFP.jpg.420x236_q85_box-0%2C42%2C800%2C492_crop_detail.jpg2026-06-03

Dans le monde

Liban : la politique israélienne de la terre brûlée

Dans la matinée du lundi 1er juin, l’armée israélienne a averti qu’elle se préparait à bombarder la banlieue sud de Beyrouth. Le soir même, lors d’une conversation téléphonique, Trump aurait ordonné à Netanyahou de ne pas attaquer la capitale libanaise.

Illustration - la politique israélienne de la terre brûlée

« Aucune troupe n’ira à Beyrouth » et celles « en route ont déjà fait demi-tour », aurait déclaré le président américain. Lors de cet échange téléphonique, il aurait même qualifié Nétanyahou de « complètement fou », lui reprochant de mettre en péril les négociations en cours avec l’Iran. Obligé de se soumettre aux injonctions de son protecteur américain, le Premier ministre israélien semble alors avoir reporté les bombardements annoncés, mais rien n’indique qu’il y a renoncé. Il a en tout cas tenu à assurer que son armée « continuera d’opérer comme prévu dans le sud du Liban ».

Depuis le 27 mai, l’armée israélienne a franchi le Litani, annonçant l’extension jusqu’à un autre fleuve plus au nord, le Zahrani, à 40 kilomètres de la frontière, de la « zone tampon » qu’elle cherche à créer. Comme l’avait annoncé le ministre israélien de la Défense, les méthodes déjà éprouvées à Gaza y sont appliquées : évacuation de la population, destruction systématique des habitations à l’explosif, par des bombardements ou à la pelleteuse. Près de la moitié des zones urbaines des régions concernées ont été rasées ou endommagées depuis mars. La ville de Tyr, sur la côte méditerranéenne, qui comptait environ 40 000 habitants avant l’invasion israélienne, a vu sa population diminuer de moitié. Ceux qui sont restés, les plus âgés, les malades ou ceux qui ne disposent pas d’un véhicule, doivent subir quotidiennement des bombardements meurtriers. Le 1er juin, un hôpital a été en partie détruit. D’après le ministère libanais de la Santé, l’offensive israélienne a fait plus de 3 400 morts et près de 10 400 blessés depuis le 2 mars.

L’armée israélienne a annoncé le 31 mai la prise de la forteresse médiévale de Beaufort, édifiée lors des croisades, un site stratégique déjà utilisé comme base lors d’une précédente période d’occupation du sud du Liban, entre 1982 et 2000. Triomphaliste, Netanyahou a proclamé qu’il s’agissait d’un « tournant décisif », mais les combats qui se sont poursuivis avec des miliciens du Hezbollah montrent qu’il n’en est rien. Depuis le 2 mars, 27 soldats israéliens ont été tués, dont deux en une seule journée depuis ce « tournant décisif ».

Le gouvernement de Netanyahou et ses alliés d’extrême droite continuent de mener leur politique de massacres et de destructions car ils bénéficient du soutien de Trump, et en réalité de l’ensemble des grandes puissances, qui voient en eux un gendarme bien utile pour l’ordre impérialiste. Cette politique est payée de plus en plus cher par les populations de la région, au Liban, à Gaza mais aussi par celle d’Israël, qu’elle condamne à une guerre sans fin.

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