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Leur société
Migrants : l’UE dans les pas de Trump
Le Parlement européen a voté, le 10 février, un nouveau durcissement de sa politique migratoire prévoyant notamment le transfert de la « gestion » des demandeurs d’asile dans des pays hors Union européenne (UE).
Cette formule signifie qu’il sera possible de procéder au tri des réfugiés et à leur expulsion dans des centres situés dans des États non membres de l’UE. C’est déjà ce que l’État italien tente de faire en Albanie. Le gouvernement de Meloni y a en effet construit deux centres de rétention, en activité depuis octobre 2024. L’un sert à ficher et trier les migrants arrivés sur les côtes italiennes et l’autre sert d’antichambre aux expulsions. Le droit européen jusqu’alors en vigueur a permis à des magistrats italiens de ralentir les transferts vers ces centres. La nouvelle réforme va donc lever ces obstacles juridiques.
Cette politique rappelle les expulsions organisées par Trump vers les prisons du Salvador. Mais, en Europe comme aux États-Unis, l’objectif n’est pas nécessairement d’expulser davantage. Le patronat a en effet absolument besoin des travailleurs immigrés. Pour satisfaire ses exigences, le gouvernement Meloni, tout d’extrême droite qu’il soit, a dû accorder plus de titres de séjour que les gouvernements précédents. Cette politique de traque vise aussi à maintenir les travailleurs immigrés dans la peur et à les empêcher de revendiquer de meilleurs salaires et des droits face à leur employeur.
La réforme votée au Parlement européen a élargi la liste de pays où les demandeurs d’asile peuvent être renvoyés car ils sont considérés comme « sûrs ». Parmi ceux-ci, on trouve maintenant l’Égypte, la Tunisie ou l’Inde. Si la liste a changé, les arrestations arbitraires, les conditions de détention, les mauvais traitements continuent d’être très fréquents. Cela signifie seulement que les dirigeants de l’UE acceptent de fermer les yeux sur cette réalité.
D’une façon plus discrète que Trump, les gouvernements des pays de l’UE ne cessent de s’attaquer au droit d’asile et à l’accueil des réfugiés, jusqu’à les réduire à des formules vidées de contenu.