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Leur société
Parcoursup : gérer la pénurie
Mardi 17 février, un rapport bilan sur la plate-forme Parcoursup a été présenté à la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale.
Créé en 2018, Parcoursup recueille et gère les vœux de poursuite d’études dans l’enseignement supérieur des bacheliers. Il était censé favoriser l’égalité de traitement entre les futurs étudiants, alors que le manque de places dans certaines formations incitait les responsables des centres à procéder à des tirages au sort. Huit ans après, les rapporteurs pointent « des inégalités socioculturelles préexistantes que le fonctionnement de Parcoursup contribue à reproduire sans les corriger, voire à aggraver ». En clair, cela revient à dire que les jeunes des milieux populaires ne réussissent pas leurs études dans l’enseignement supérieur. Seuls 40,3 % des bacheliers de 2020 sont parvenus à obtenir leur diplôme de licence après trois ou quatre ans d’études, un résultat en baisse continue depuis 2018.
De surcroît, Parcoursup est une véritable usine à gaz, opaque, difficile d’accès. Dans les lycées favorisés, les enseignants consacrent beaucoup de temps à conseiller les élèves au moment de formuler leurs choix, ce qui n’est pas le cas dans les établissements des quartiers populaires. Cela n’explique qu’en partie l’échec des jeunes dans l’enseignement supérieur. En fait, depuis des années, le budget des universités stagne voire diminue alors que le nombre d’étudiants augmente. En dix ans, il y a eu 200 000 étudiants en plus et aucune place supplémentaire dans les universités. De ce fait, nombre de bacheliers sont, au mieux, recalés dans leur choix et obtiennent une formation par défaut, au pire ne trouvent pas de places.
Depuis des années, l’État refuse de compenser les charges supplémentaires des universités : nombre d’entre elles votent des budgets en déficit et par conséquent finissent par supprimer des places pour les étudiants. Ainsi, pour l’année prochaine, 381 places seront supprimées à Lille, 700 à Rouen, environ 600 à Toulouse.
Alors, Parcoursup a bon dos : le véritable problème est que la société ne permet pas à tous les bacheliers de suivre la formation qu’ils désirent, faute d’investissements. Depuis des années l’éducation ne constitue pas une priorité pour les gouvernements, et c’est d’abord la jeunesse des quartiers populaires qui en fait les frais.