PFAS dans l’eau : les pollueurs ne sont pas les payeurs25/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3004-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

PFAS dans l’eau : les pollueurs ne sont pas les payeurs

Deux cents riverains de la vallée de la chimie, au sud de Lyon, ont assigné en justice, fin janvier, Arkema et Daikin Chemical, pour avoir rejeté massivement des PFAS, ces polluants éternels.

Ces riverains réclament plus de 36 millions d’euros d’indemnités au nom de l’application du principe pollueur-payeur. Pendant des années, ces deux industriels ont empoisonné une vaste zone du sud-ouest de Lyon, en déversant chaque année plusieurs tonnes de ces produits dans le Rhône qui coule à proximité. Ces PFAS s’accumulent dans les sols, les plantes et les êtres vivants. Ils rendent les produits des jardins voisins, ainsi que les œufs, impropres à la consommation. Ils polluent les cours d’eau et les nappes phréatiques.

Pour faire face à ce poison qui menace la santé de quelque 170 000 habitants, il serait vital et urgent de réaliser des travaux dans les stations qui alimentent cette zone en eau potable. Ainsi, pour garantir l’absence de PFAS, le Syndicat des eaux a fait installer par Suez un nouveau système de filtration au charbon actif présenté comme très performant. Mais ce système coûte très cher, plus de 4 millions d’euros, et ce ne sont ni Arkema ni Daikin qui vont payer le surcoût, mais bien la collectivité et les consommateurs. Chaque ménage devra ainsi payer au minium 50 euros de plus par an sur sa facture d’eau.

Telle est l’application réelle du principe « pollueur-payeur »… quand ce sont les pollueurs qui s’en chargent.

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