Un prisonnier kanak, mort oublié dans sa cellule25/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3004-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Un prisonnier kanak, mort oublié dans sa cellule

Un jeune Kanak, déporté depuis la Nouvelle-Calédonie dans une prison de Bourgogne après les révoltes de 2024, est mort de tuberculose le 6 février, seul dans sa cellule, sans jamais avoir été soigné.

Le 13 mai 2024, lorsque la révolte contre le colonialisme du gouvernement français éclata à Nouméa, elle s’est étendue jusqu’au Camp Est, une prison particulièrement insalubre et surpeuplée, où elle fut brutalement réprimée. Depuis cette date, quelque 90 Kanaks ont été emprisonnés en métropole, à 17 000 kilomètres de chez eux. Frédéric Grochain, détenu à cause de menus larcins, n’avait rien à voir avec cet événement, mais il fallait faire de la place. Il fut donc embarqué avec les autres, sans même que sa famille soit prévenue.

Dans la prison de Varennes-le-Grand où il a été alors interné, il est resté huit mois sans voir personne, et ensuite, durant onze mois, il n’a reçu que quatre visites, celles de son avocate. Il ne pouvait même pas téléphoner à sa famille, le coût d’une communication à l’international étant trop cher pour lui. Quant au suivi sanitaire dont il aurait eu besoin, l’administration pénitentiaire tout comme l’agence régionale de santé (ARS) se réfugient derrière le « secret médical » pour ne pas reconnaître leur négligence mortelle.

Dans ce qu’il reste des miettes de son empire colonial, l’État français continue à exercer la même violence et le même mépris envers les peuples qu’il avait conquis. Pendant des siècles, les colonialistes les ont traités en esclaves dont la vie ne comptait pas, enfermant voire assassinant quiconque osait relever la tête. Plus de soixante ans après la décolonisation, les autorités françaises sont dans la continuité de cette politique.

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