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RATP bus : à Montrouge, un travailleur handicapé licencié
Mercredi 13 mai, des travailleurs du dépôt de bus RATP de Montrouge, Malakoff, Massy et du métro se sont rassemblés devant le dépôt situé porte d’Orléans pour soutenir leur camarade Tahiana Ramarielina, que la direction a licencié.

La direction a prétendu ne pas avoir trouvé de poste pour le reclassement de ce travailleur, suite à son inaptitude définitive à la conduite des bus, par décision de la médecine du travail, qui a cité six postes de reclassement possibles. Il est reconnu en maladie professionnelle et travailleur handicapé (RQTH). Mais la mission handicap de la RATP s’est contentée d’un entretien pour lui expliquer « qu’il doit faire le deuil de son métier », l’invitant « à faire la courbe du deuil qui exprime bien le cheminement à faire pour parvenir à cette phase d’acceptation ».
La direction affirmait qu’il ne peut pas être envoyé à une formation d’agent de station, à cause de la « période rouge » qui précède de six mois le transfert en filiale. Mais, pour le licencier, elle ne voyait pas de problème !
Alors que la recherche de reclassement relève de la loi, la direction de la RATP a suspendu purement et simplement son application. L’inspection du travail lui a écrit pour lui demander de s’expliquer sur l’absence de proposition de reclassement, et sur cette étrange période rouge. En fait, tout est bon pour licencier un travailleur considéré comme usé, en prétendant qu’il n’y a pas de poste vacant lui correspondant dans tout le groupe RATP. Ses camarades du métro ont d’ailleurs témoigné sur le manque d’agents de station, malgré les recrutements extérieurs insuffisants.
Pour tenter de piéger ce travailleur, la lettre pour l’entretien préalable lui a été envoyée durant son mois de vacances, en avril, fixant le rendez-vous le jour de sa reprise. S’il s’était trouvé à Madagascar, il aurait pu reprendre le travail sans avoir pu retirer le recommandé à La Poste.
La direction, qui a pris l’habitude de faire ses sales coups en douce contre des travailleurs fragilisés physiquement et moralement, a cette fois-ci été confrontée à la désapprobation des travailleurs, qui sont venus soutenir leur camarade. Et beaucoup découvraient les sales méthodes dont la RATP s’est fait une spécialité.