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Dans les entreprises
Safran : la guerre est leur business
Sur le site Safran de Villaroche, en Seine-et-Marne, où sont conçus et assemblés les moteurs du Rafale ainsi que des moteurs d’avions civils, la direction a présenté début février son « Bilan et perspectives » annuel devant les salariés.
Des directeurs du secteur militaire ont profité de ce bilan pour asséner tout sourire une leçon de politique capitaliste. Plantés devant un écran géant montrant des articles et des photos de presse – drone abattu en Ukraine, affrontement aérien récent entre l’Inde et le Pakistan, bombardement américain en Iran, etc., ils ont commencé par faire l’éloge de la manœuvrabilité du Rafale dans le contexte indo- pakistanais.
Ils ont ensuite voulu expliquer qu’il serait vital pour l’Europe, mais surtout pour la France, de faire jeu égal dans la course à la guerre sous peine des pires conséquences. C’est ce qu’ils ont appelé « souveraineté ». Ils ont ainsi justifié les guerres de pillage des puissances impérialistes en évoquant « le contrôle des ressources énergétiques et des approvisionnements en terres rares ». Puis ils ont parlé de la nécessité de « se défendre efficacement sans dépendre d’un tiers », c’est-à-dire avec du militaire « made in France », voire made in Safran bien sûr.
Autant le marché français des moteurs d’avions militaires est « captif » comme ils disent, c’est-à-dire que Safran n’a pas de concurrent dans la fourniture de matériel à l’État, autant il faudrait selon eux se réjouir que l’Inde commande des Rafale plutôt que des avions américains ; sans parler de la perspective de fabriquer des moteurs de drones, dont la guerre en Ukraine a montré qu’il y avait tout un marché à développer. Si Safran a réalisé en 2025 la majorité de ses 5 milliards de profits dans le civil, les dirigeants du groupe voient dans la marche à la guerre ses profits de demain.