- Accueil
- Lutte ouvrière n°3004
- SCAF : chronique d’une mort annoncée
Leur société
SCAF : chronique d’une mort annoncée
Lancé en 2017 par Macron et Angela Merkel, le projet d’avion de combat dit européen, le SCAF, est une image concentrée non seulement de l’évolution de la société capitaliste vers la guerre, mais également des rivalités qui l’accompagnent.
La phase 2 du programme, qui devait débuter début 2026, reste à l’arrêt. On ne s’en plaindra pas, mais cela ne coûtera pas moins cher aux populations : au-delà de la prétendue défense européenne revendiquée par la France, l’Allemagne et l’Espagne, les rivalités entre capitalistes rythment les discussions et font patiner le projet.
L’enjeu étant de taille, 100 milliards d’euros à se partager, les actionnaires des entreprises concernées se disputent, avec leurs États comme avocats : Dassault et la France d’un côté, Airbus et l’Allemagne de l’autre, chacun ayant sa flopée d’entreprises sous-traitantes qui revendiquent la part du lion. On en arrive donc aujourd’hui à deux projets d’avions de guerre, censés faire la paix entre deux puissances capitalistes, qui seront payés par les populations !
Dans chaque État, les syndicats se montrent solidaires des patrons. Chez Dassault, ils ont réclamé la continuation du projet commun… et le leadership de Dassault. De son côté, le syndicat allemand I.G. Metall dit qu’il veut bien travailler avec des entreprises françaises, mais pas avec Dassault !
À l’heure où la guerre est mise à l’honneur et où les conflits se multiplient, on se bouscule pour les profits de l’industrie d’armement.