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SNCF : “supprimez ce train que je ne saurais climatiser”
Durant la vague de chaleur du 20 au 28 mai, la SNCF a supprimé 30 trajets de trains Intercités sur Paris-Toulouse, Paris - Clermont- Ferrand et Bordeaux-Marseille, de crainte que leur climatisation ne tombe en panne.
Ce n’est pas la chaleur, mais la vétusté du matériel roulant qui est en cause.
Les rames concernées sont des antiquités : les fameux Corail, mis en service entre 1975 et 1989, ont entre 37 et 51 ans. Par souci d’économie, l’État et la SNCF ont tardé à commander de nouvelles rames, usant celles-ci jusqu’à la corde. Ce n’est qu’en 2019, qu’une commande de 50 rames « oxygènes » a été passée auprès du constructeur CAF pour une mise à disposition en 2024. Celles-ci seront livrées avec trois ans de retard. Les premières rames arriveraient donc en 2027, et les autres en 2028 et 2029. D’ici là, les épisodes de chaleur vont se répéter et les pannes de climatisation se multiplier.
Si la suppression choquante des Intercités, qui dépendent de l’État, a été médiatisée, les TER sont souvent équipés eux aussi de vieux Corail ou de matériel mal entretenu faute de moyens, et les pannes de climatisation y sont monnaie courante.
En fait, elles concernent l’ensemble des trains en raison cette fois de la vétusté de l’infrastructure, y compris sur les lignes à grande vitesse.
Le sous-investissement dans le renouvellement des voies et des caténaires se traduit, dès que le thermomètre grimpe et que les matériaux se dilatent, par des pannes d’alimentation et des interruptions de circulation. C’est ainsi que plusieurs centaines de passagers de deux TGV sont restés bloqués pendant des heures dimanche 24 mai sur la ligne Paris-Lyon en raison d’une rupture de caténaire qui a provoqué la coupure de l’alimentation électrique sur la voie ainsi que l’arrêt de toute climatisation.
Risquer de cuire dans une rame bloquée ou rester à quai faute de train, voilà donc l’alternative laissée aux voyageurs.
Quant à réaliser de véritables investissements dans le ferroviaire, les gouvernements attendent-ils d’en avoir besoin pour transporter des troupes et des armes avant de décréter un plan d’urgence nationale ?