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Leur société
Urgences : l’attente s’allonge
Une étude de la direction des statistiques parue le 1er juin indique que le temps d’attente aux Urgences a augmenté d’environ 50 % en dix ans.
Le rapport analyse les données entre 2013 et 2023. Le temps passé entre l’admission administrative et la sortie du service a augmenté d’une heure, passant de 2 h 15 à 3 h 10 en moyenne. Quant aux patients devant ensuite être hospitalisés pour une courte durée, ils restent dans ces services pendant une durée de 6 h 30 en moyenne. Et encore, l’étude a été réalisée hors période de vacances scolaires, pendant laquelle les effectifs sont restreints, et hors périodes d’épidémies – hivernales en particulier –, lorsque l’afflux de malades met les services sous tension.
Cette situation n’a rien d’une fatalité, elle est la conséquence de décennies de politiques d’économies dans les hôpitaux et de désorganisation du système de santé. En dix ans, les gouvernements ont supprimé 40 000 lits d’hôpital. Quant aux déserts médicaux, ils progressent et touchent 151 intercommunalités, soit plus de deux millions de personnes qui n’ont pas d’accès proche à des consultations ou des actes médicaux de base. Décrocher un rendez-vous avec un généraliste ou un spécialiste peut relever de l’exploit.
Dans ces conditions, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une personne sur cinq qui se présente aux Urgences le fasse souvent pour une simple consultation, faute d’autre solution. Plusieurs services d’urgence, un peu partout dans le pays, ont connu des mouvements de grève pour dénoncer le manque de moyens, alors que le nombre de passages explose. En 2023, plus des deux tiers des départements ont réagi en mettant en place des restrictions d’accueil des patients.
La santé publique se heurte à l’organisation aberrante de la société, qui la rend incapable d’offrir des soins de base à l’ensemble de la population laborieuse.