Vidéosurveillance : en tout cas, ça rapporte25/02/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/02/une_3004-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Vidéosurveillance : en tout cas, ça rapporte

La vidéosurveillance dans les municipalités est présentée comme une solution incontournable pour lutter contre la délinquance. Mais rares ont été les études sur l’efficacité de ces dispositifs et encore plus leur publicité.

Il y a six ans, la Cour des comptes avait écrit dans un rapport : « Aucune corrélation globale n’a été relevée entre l’existence de dispositifs de vidéoprotection et le niveau de délinquance commise sur la voie publique ou encore les taux d’élucidation ». Une autre étude effectuée un an plus tard auprès de 2 000 municipalités, étude commanditée par la gendarmerie elle-même, concluait dans le même sens : du point de vue du nombre des affaires de police résolues, aucune différence n’avait été notée entre les communes équipées de vidéosurveillance et celles qui ne l’étaient pas.

Mais cela n’empêche pas police et gendarmerie de continuer de faire pression sur les maires. En 2021, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) expliquait dans un rapport que : « Les forces de l’ordre (police ou gendarmerie selon la zone de compétence) mettent en avant auprès des maires l’aide que leur procurent les caméras » et ces maires sont « incités, voire sommés d’agir par les forces de police ou de gendarmerie locale qui promeuvent ces solutions ». Très récemment, des journalistes faisant un reportage sur le sujet ont encore tenté d’obtenir des précisions ou des chiffres auprès de la gendarmerie nationale qui a refusé de répondre.

Qui paye ces dispositifs ? Évidemment les municipalités, donc les contribuables. Et il ne s’agit pas de sommes dérisoires. C’est au moins plusieurs centaines de milliers d’euros pour une commune de quelques milliers d’habitants. Cela fait bien sûr les affaires des lobbies de la vidéosurveillance qui, élections municipales obligent, ont même sorti un livre blanc pour les futurs maires où ils expliquent comment répondre aux questions sur le coût.

Sur l’insécurité, comme sur les autres sujets qui touchent à la vie quotidienne des couches populaires, bien des choses sont opaques. Et cette opacité, même à l’échelle d’une petite municipalité, permet de manipuler les populations et leur faire admettre des dépenses et des mesures qui ne sont pas nécessairement dans leur intérêt, loin de là.

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